Fête de Tabaski /Le mouton à prix d’or

Comme les autres années, c’est certainement dans les derniers jours avant la fête que le marché entrera en surchauffe. Dans de cinq jours, la communauté musulmane célébrera l’Aïd el Kébir communément appelée chez nous la fête de la Tabaski
Le jour de l’Aïd el Kébir, conformément aux prescriptions divines, tout musulman majeur, jouissant de ses facultés mentales et ayant les moyens financiers de le faire, doit sacrifier soit un mouton, un bœuf, une chèvre ou un chameau.
Mais de tous ces animaux, c’est le mouton qui est le plus recommandé. De fait, l’Aïd el Kébir est devenue « la fête du mouton ».
A l’approche de cette fête plonge beaucoup de chefs de famille dans l’angoisse. L’obsession d’avoir son mouton coupe littéralement le sommeil. Certains sont prêts à presque tout pour s’acheter un mouton. Depuis des semaines, la fièvre du mouton s’installe.
Diallo Fall, un vendeur, dispose d’un petit troupeau de moutons dont les prix varient entre 150 et 600 000 Fcfa. Il admet lui-même que les prix sont exorbitants.
Il impute la relative rareté et la cherté des moutons aux coûts élevés de l’aliment bétail et du transport.
Pour l’instant. Cissé Abou, un habitant de Koumassi, est catégorique.  » Avec la situation actuelle, ce n’est pas évident pour moi de payer un mouton. Tous les produits de consommation coûtent chers sur le marché. Le mouton ne peut pas faire exception à cette règle, alors… ».
Les Abidjanais fidèles à leur réputation se saigneront aux quatre veines ou passeront par toutes les acrobaties pour se procurer du bélier tant recherché.

Martin Ouattara