Les forces spéciales donnent un ultimatum de 48 h à Ouattara

Bien malin celui qui prédira la fin de la mutinerie. En acceptant de payer la somme de 12 millions de FCA à chacun des 8400 ex-rebelles de Bouaké, Alassane Ouattara ignorait qu’il pêchait en eaux troubles. La boite de pandore ouverte d’autres hommes en armes ont trouvé là l’occasion de faire monter les enchères. Après les gendarmes, les militaires de Zambakro, les pompiers, c’est le tour, depuis mardi, des forces spéciales de manifester. Positionnées à Adiaké, Tabou et Ouangolodougou , ils ont fait tonner à nouveau les armes hier. Ils exigent le payement d’une prime de 12 millions de francs CFA et ce dans un délai de 48 heures . Les soldats des Forces spéciales tirent en l’air, sommant les populations de rentrer chez elles . Adiaké, base des forces spéciales avait l’allure d’une ville fantôme hier. Commerces , banques ,écoles et administration sont fermés. De sources concordantes, les négociations avec la hiérarchie représentée par le général Doumbia , le commandement de cette unité ont échoué mardi 7 février. Les soldats grognent contre la division de l’armée avec le traitement de faveur accordé aux 8400 mutins. « C’est le président qui a divisé l’armée en donnant 11 millions à un groupe en l’espace de 5 ans. Nous attendons la prime de 12 millions et nous donnons un délai de 48 heures au président de la République .Nous prenons beaucoup de risques dans notre travail donc nous méritons aussi des primes de risque de 250.000 francs par mois. Après notre formation, nous n’avons bénéficié que de deux millions chacun de la part du gouvernement,» précise un soldat des forces spéciales que nous avons joints au téléphone et qui a voulu garder l’anonymat. «Il
faut dire que ce matin auront lieu des discussions entre le général en charge des forces spéciales et les représentants des militaires concernés. Il est même prévu une délégation pour que ces militaires soient reçus par le ministère de la Défense également. Pour dire que les discussions ont lieu, » a expliqué Koné Bruno, porte-parole du gouvernement à l’issue du conseil des ministres de ce mercredi. Ces éléments sont au nombre de 1000. Ouattara devra donc encore débourser 12 milliards de franc Cfa pour faire face à ces nouvelles revendications. Avec la mutinerie des forces spéciales, c’est le dernier rempart de l’armée de Ouattara qui s’écroule, signe avant coureur d’un régime qui fonce droit dans le mur.

KUYO YVES