FPI : Après la mort de Sangaré Abou Drahamane le début de la 2ème Guerre

0
119

C’est l’histoire classique qui arrive dans toutes les familles quand le père décède. La cohésion est mise à rude épreuve et les ambitions pour occuper la place du chef de famille sont révélées au grand jour. A la seule différence, dans le cas du Front populaire ivoirien, puisque c’est de ce parti qu’il s’agit, ce n’est pas le père qui a tiré sa révérence. Mais plutôt celui qui est considéré comme le gardien du temple, qui assurait l’intérim du père.

Il est vrai que nous sommes sur le terrain politique où les antagonismes et les animosités sont très développés, mais pour une fois, la classe politique a su mettre en berne ses ressentiments pour rendre un hommage mérité au disparu. Du PDCI RDA au RHDP en passant par certains micro partis dans l’ex LMP, tous ont soit exprimé leurs condoléances à la famille politique et biologique du dis- paru, soit ont rendu un hommage mérité à un homme qui aura marqué la vie politique de la Côte d’ivoire.

Mais dans cette salve de con-doléances, au sein de la formation politique du disparu, ce n’est pas la sérénité. Si ce ne l’est déjà, une autre guerre de leadership est en train de voir le jour autour de la dépouille de celui qui a été surnommé le “Gardien du temple” et qui était lui-mémé avant sa mort un acteur olé de la première guerre de leadership post refondation Ce n’est un secret pour personne.

Après la chute du régime de la Refondation en 2011, le FPI a connu une descente aux enfers avec le départ de certains de ses thuriféraires comme Mamadou Koulibaly et des divergences profondes entre deux factions : les modérés conduits par l’ancien Premier ministre Affi N’Guessan et l’aile dure connue sous l’appellation des “Gbagbo ou rien” dirigée par Sangaré Abo u Drahamane.

Dans la première guerre du FPI, Affi N’Guessan avait la légalité tan- dis que Sangaré avait la légitimité du terrain. Il est vrai qu’à sa sortie de prison en août dernier, l’ex-Première dame Simone Gbagbo avait fait son choix en adoubant les “GOR” , mais avec la mort de Sangaré, c’est le retour a la case départ pour la gestion de l’héritage politique de Laurent Gbagbo. Et cette fois-ci, l’on risque de

passer de deux a trois fronts. Il y a dans un premier temps le clan Affi N’Guessan. Mais au niveau des “GOR”, deux clans sont en gestation. il y a le camp d’Abidjan où Simone Gbagbo se considère comme celle qui doit logiquement prendre le bâton de commandement après la mort de Sangaré. Mais a 6000 kilomètres des bords de la lagune Ebrié, un autre ont dirigé par l’ancien ministre Assoa Adou est en train de se former. Dès les premiers instants de la mort de Sangaré, les premières divergences ont commencé a faire leur apparition. Le samedi 3 novembre, date du décès de Sangaré, Assoa Adou produit un communiqué au nom de Laurent Gbagbo depuis Paris et informe que << toutes les activités du F Pl sont suspendues jusqu’à la fin des obsèques >>. Au même moment, Simone Gbagbo convoque à Abidjan, une réunion du secrétariat général qui est un organe statutaire du parti. Mais quand le communiqué de Gbagbo signé par Assoa Adou tombe, l’on commence à déblatérer sur l’authenticité de ce communiqué. Dans les rangs des frontistes à Abidjan, l’on émet de sérieux doutes sur la responsabilité de Laurent Gbagbo.

Mais au-delà du débat sur l’authenticité du communiqué de Paris, une question mérite d’être posée : Pourquoi Simone a-t-elle décidé de braver la mesure d’interdiction d’activités du parti supposée provenir de son mari pour convoquer une réunion du secrétariat général?

En tout état de cause, tout porte a croire qu’il y a de l’eau dans le gaz. Dans cette même foulée, le lendemain dimanche, un autre communiqué toujours signé par Assoa Adou tombe depuis Paris et désigne la présidente du comité d’organisation des obsèques du “Gardien du temple” << La Vice-présidente en charge de la politique de la Communication et Secrétaire Générale par intérim, la camarade Odette Sauyet Likikouet, est désignée en qualité de responsable de l’organisation des obsèques du camarade Abou Drahamane Sangaré >>, précise le communiqué qui a été signé le dimanche 4 novembre. Ici encore question : Sangaré est décédé à Abidjan, mais pourquoi tout se décide à Paris au nom de Gbagbo alors que Gbagbo lui même est en détention aux Pays Bas ? La question reste entière.

Et connue si cela ne suffisait pas, Afi‘i N’Guessan ne s’avoue pas vaincu Ayant perdu la bataille, mais pas la guerre, le désormais président de la région du Moronou veut asseoir son autorité après la mort de San garé. Pour preuve, le confière Notre Voie, proche d’Affi N’Guessan n’a pas été tendre avec le président Guillaume Soro quand ce dernier a mentionné dans son communiqué de condoléances que Sangaré était le président par intérim du FPI. << Le chef du Parlement ivoirien n’ignore pas qui était Sangaré Abou Drahamane et les fonctions qu’il a occupées aussi bien dans l’administration ivoirienne que dans l’organisation poli-tique dans laquelle il a milité jusqu’à sa disparition.

Il ne peut donc pas le désigner comme le président par intérim du FPI quand il sait que Pascal Affi N ’Guessan a été élu président du FPI a l’issue du congrès de juillet 2001 et que c’est en tant que tel i1 a maintes fois reçu le président du Parlement ivoirien au siège du parti chaque fois qu’il en a fait la demande (. . .) Guillaume Soro ne va pas dire qu’il ne savait pas que les militants du FPI ont encore renouvelé leur confiance en Pascal Affi N’Guessan à l ’issue du dernier congrès ordinaire du parti qui s’est tenu en juillet dernier au  Palais  des  sports  de  Treichville.  Mais  comme  le charognard,  le  chacal  ou  le  vautour  qui  désigne  une personne qui exploite impitoyablement les malheurs des autres, on ne peut pas s’empêcher de penser que le président de l’Assemblée nationale veut profiter de la mort de l’ancien vice-président Sangaré Abou Drahamane pour s’attirer la sympathie des dissidents du FPI >>. Voila qui est clair. Comme on peut le voir, après la mort de Sangaré, une autre guerre est en train de naître au FPl sans pour autant éclipser l’ancienne pour laquelle Affi ne s’avoue pas encore vaincu.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here