Le point de la situation, hier, à Adiaké

Mouvements d’humeur à répétitions des militaires / Le gouvernement a réagi à l’attitude des soldats des Forces spéciales qui ont manifesté mardi à Adiaké, alors que des discussions sont ouvertes pour trouver une solution aux problèmes que posent les soldats mutins.

Face à la mutinerie des éléments des Forces spéciales mardi à Adiaké, les autorités ivoiriennes ont condamné hier, « ces formes violentes de revendications », à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire. Le porteparole du gouvernement, le ministre Bruno Koné faisait ainsi allusion aux mouvements de revendication récurrents au sein de l’armée depuis le début de l’année. Des agissements de certains éléments de l’armée qui, selon lui, ont pour conséquences de « ternir l’image du pays et d’amenuiser ses ressources », s’est-il offusqué. Pour le gouvernement, il n’est pas nécessaire de recourir à la violence pour présenter des revendications mais plutôt d’user du dialogue. « La bonne option n’est pas cette façon de revendiquer », a réagi le porte-parole. Pour ce qui est des évènements d’Adiaké, Bruno Koné a indiqué que « des discussions sont en cours entre les mutins et la hiérarchie militaire ». Et, le ministre, de poursuivre : « La bonne option n’est pas cette façon de revendiquer ». Ajoutant qu’une délégation de soldats sera reçue par le ministre auprès du président de la République, chargé de la Défense, Alain-Richard Donwahi. A en croire des sources, le ministre ne devrait pas les recevoir d’abord mais devrait laisser les négociations se poursuivre avec les généraux et les grands commandements avant de conclure les choses. Le ministre Bruno Koné a invité les soldats à la retenue et à la patience. Pour lui, la plupart de leurs revendications sont prises en compte dans la loi de programmation militaire.Hier matin, alors qu’on croyait que l’ouverture d’un dialogue calmerait la situation, les soldats des Forces spéciales ont repris les tirs dans la ville. «Sitôt les tirs débutés que les populations ont couru pour se cacher dans leurs
maisons», a déclaré un habitant de la ville. Mercredi, jour de marché, les populations n’ont pas vaqué à leurs occupations. De peur de recevoir des balles perdues comme dame Adingra épouse Tanoh et de Lalouaré Kouamé, la veille. « Les militaires demandaient aux populations de rentrer chez elles. Tout le monde a fait comme ils le demandaient », a informé une source sur place. Mais, à en croire la même source que nous avons pu joindre en fin d’après-midi, les tirs avaient cessé même si des éléments des Forces spéciales paradaient dans la ville sans faire usage de leurs armes. « Ils ont compris que les bruits des armes faisaient peur aux populations surtout que ces tirs ont fait des blessés au premier jour de la mutinerie. Et puis, on peut penser qu’ils ont mis de l’eau dans leur vin car les discussions étaient ouvertes avec une possibilité de rencontre avec le ministre auprès du président de la République, chargé de la Défense», juge un observateur.

OUATTARA ABDOUL KARIM