Rassemblement Des Républicains / La case brûle

Cela n’est un secret pour personne, le malaise est profond. Rien ne va plus dans la case. Les fondamentaux qui ont été portés sur les fonts baptismaux de la lutte pour la restauration de la dignité et des libertés plurielles, sont froissés et en panne. Tous ces vaillants militants qui corps et vie ont donné de leur énergie pour porter au pouvoir leur champion, sont mécontents. Les raisons de ce mécontentement sont à la fois profondes et légitimes. Les militants du RDR à la création du parti, ont adhéré à un idéal incarné par le Président Alassane Ouattara. Pendant 17 années de la lutte acharnée avec son lot de sueur et de sang, ils ont cru en la lutte. Ils se sont mobilisés pour faire triompher un technocrate, brillant économiste et financier. Un homme dont la vision et la fermeté ont été le moteur de la marche commune vers la victoire. Un homme qui avait une ambition partagée avec son peuple. Conquérir le pouvoir d’Etat, pour permettre à l’ensemble des Ivoiriens de vivre heureux ensemble sans exclusion. Redistribuer les richesses du pays sur la base de l’éthique et de la compétence. Un homme de caractère engagé, prêt pour le combat de front dans le respect de ses adversaires. Un homme qui a fait ses preuves et a séduit l’ensemble des Républicains aussi bien dans la démarche, la marche que, dans le discours. Un homme qui avait un programme de gouvernement et de société qui, prenait en compte toutes les préoccupations des forces vives de la nation. La pertinence de son engagement et la force de sa détermination, ont forcé le respect des hommes aussi bien politiques que des bailleurs de fonds extérieurs. En un mot comme en mille, le docteur Alassane Ouattara, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un gage de confiance qui rassure. Après tant d’années de combat dans la persévérance et la foi en l’avenir, il a plu à Dieu de permettre l’arrivée au pouvoir de « ADO » et les siens.

Une fois à la magistrature suprême, dans les conditions que nous savons, la mission est très grande et les enjeux de réussir très importants. Dès lors qu’il s’agissait de relancer le pays, afin de le repositionner dans le concert des Nations, le Président de la République, convaincu de sa lourde mission décida de confier le parti à de nouvelles compétences, afin que celles-ci participent de par leur dynamisme au maintien de la flamme de la mobilisation, afin que les militants continuent de croire en la lutte. Une fois aux affaires et loin du Président, les nouveaux pontes du parti vont réussir à créer des frictions. D’abord à travers leur comportement de mépris et de méchanceté inouïe, ensuite dans le choix des candidats. Toute chose qui est loin du principe orthodoxe qui a fondé le parti de la case. Malgré les critiques et autres alertes, la direction intérimaire n’a pas changé de posture pis, elle contribue à créer et à semer le malheur au sein de ses propres militants. Les travailleurs du Journal « La Matinale » ont été licenciés abusivement et sans droits. Les Directeurs d’entreprises d’Etat sont rançonnés, les militants ne sont pas assistés et sont abandonnés à leur sort comme de vulgaires individus. Les responsables locaux du parti dans la Côte d’Ivoire profonde, ne sont ni consultés ni associés aux prises de décisions qui engagent, leur responsabilité politique et leur zone d’influence. Une « mafia » s’est installée à la tête du parti pour disposer sans contrôle des caisses. Les militants, désabusés, perdus et sans repère ne répondent plus à l’appel. La situation est grave et alarmante à la fois. C’est dans cette atmosphère quasi désintéressée que nous appelons à la tenue d’un congrès ordinaire du RDR, afin de le doter d’organes régulateurs qui puissent répondre aux aspirations des militants. En changeant la direction actuelle, cela impliquerait, la création d’un organe de contrôle, et d’un comité arbitral pour régler les conflits et autres mensonges… En tout cas, il y a, du travail à faire et, assez de torts à réparer.

Nous prions afin que nous soyons entendus et que, vivement, des démarches soient entreprises pour sauver les quelques meubles restants de la case sinon, la tempête du malaise risque de décoiffer la toiture de la case et l’exposer à la force de l’orage et à bien d’autres intempéries.La débâcle aux législatives partielles est un autre camouflet. La Case est malade de nombre de ses hommes qui, placés en position de leader, n’ont jamais réellement assumé leurs responsabilité et gérent la famille républicaine comme l’on gère sa poche. Le spectacle est indigne d’un parti qui a connu les pires tourments et l’animosité totale des formations politiques dont il a, selon les époques et les circonstances, menacé les intérêts. Le RDR souffre, comme cela a été le cas, parlant des causes profondes, lors des événements qui ont failli mettre à terre la république, du fait du mauvais choix d’hommes et de femmes ayant perdu le sens de la lutte et s’étant embourgeoisés plutôt que de travailler au bien-être des populations, d’une mauvaise distribution des rôles. Les dernières législatives ont présenté le tableau hideux de l’incapacité du Secrétaire général par intérim à mener ses troupes à une victoire que l’on aurait voulu plus éclatante parce que le RDR le méritait bien. L’on a assisté, malheureusement, à une razzia des indépendants, remontés justement contre la politique sectaire, de cet homme qui n’a jamais rien prouvé. Les indépendants auraient davantage humilié le parti, si beaucoup d’entre eux n’avaient pas reçu menaces et intimidations afin de retirer leur candidature. Les législatives qui ont suivi l’élection de 2010 et la crise post-électorale avaient déjà créé problème. La question des indépendants s’était déjà posée et le SG lui-même avait été terrassé à Séguéla. Mais cela n’avait pas suffi pour qu’il en tire les leçons. 5 ans après, le scénario s’est répété et a démontré qu’il n’est pas charismatique et qu’il a échoué à assumer son rôle au Secrétariat général. Quelle honte pour le parti! Quel honte infligée gratuitement et injustement au mentor historique du parti. Même les législatives partielles à Divo et à Kouibly ont signé la défaite du RDR.

Gravissime! La case construite dans la douleur et la patience par Alassane Ouattara est en train de s’effondrer. Si rien n’est fait, les militants finiront par s’en prendre au Président luimême qui, jusqu’à présent, a trop fait montre de patience à l’égard d’une direction aussi décriée. Or pour la base, toutes les décisions et orientations venant de la direction du parti ne peuvent être prises sans l’accord du Brave Tchè. L’image du Président est ainsi exposée du fait ceux qui sont censés mener le parti sous sa houlette et sa vision. Pourtant ces personnes font les choses à leur guise en abusant de la confiance du Président qui est le Président de tous les Ivoiriens depuis son accession à la magistrature suprême et qui, de ce fait, ne peut plus gérer au quotidien la vie du parti. Il faut donc mettre fin au règne lamentable et pitoyable de l’éternel intérimaire vomi par la base et les cadres du parti. Si le parti ne réagit pas promptement, il finira tôt ou tard par le regretter. Et il sera sans doute trop tard. Il faut balayer dans la case et éjecter ceux qui n’y ont pas droit. Grognes, mécontentements généralisés, indignation et révolte rythment au quotidien la vie dans la grande case verte. La majorité des militants, cadres et certains dignitaires du Rassemblement des républicains sont exténués. Le malaise est sérieux, profond, gravissime. Et si l’on n’y trouve pas la solution idoine dans les plus brefs délais, la case verte va à cours sûr s’exploser ou s’écrouler. Or si par malheur le magma trop longtemps en ébullition arrivait à s’exploser, c’est toute la Côte d’Ivoire qui risque d’en pâtir. Car il s’agit non seulement de l’un des plus grandes formations politiques nationales mais mieux, c’est le parti présidentiel aux commandes depuis près de 7 ans. Le risque est donc grand et l’urgence s’impose. L’urgence avant tout, c’est de débarrasser de ce grand parti tous ceux qui n’y ont pas droit. C’est à dire nuisibles, les pestiférées dont la présence fait courir à la digne famille politique le risque d’une explosion inévitable. Ceux ou celui qui à travers des actes et des comportements portent atteinte au slogan et à l’idéologie du parti qui prône « le rassemblement et le vivre ensemble ».

Ainsi donc, Pour redonner au RDR la dignité et ses lettres de noblesse, il faut balayer la case, le cirer, le curer, afin de le débarrasser de ses moisissures et de ses putréfactions puantes. Il est vrai que depuis 6 ans, le parti a glané des lauriers. Mais à quel prix et avec qui ou par qui et à cause de qui ? Les militants les plus avisés se connaisses (en détail) et ils savent qui est qui et qui fait quoi. Les plus méritants, les plus valables, les plus vaillants sont connus de tous et par tous. On peut citer pêle-mêle : Henriette Dagri Diabaté,Amadou Gon Coulibaly , Hamed Bakayoko , Kandia Kamissoko Camara, Cissé Bacongo , Odié Tiakoré , Karamoko Yayoro…Certes la liste n’est pas exhaustive mais le parti aurait pu mieux faire et ces dignes militants auraient moins souffert s’il n’y en avaient pas d’autres et non des moindres qui tirent la case par le bas. Depuis 2011, le Président Alassane Ouattara tient les destinées de la Côte d’Ivoire. Les succès que le pays a connus sous sa gouvernance ont émerveillé le monde entier. Malheureusement, le parti dont il est issu ne fait pas la fierté de ses militants à cause de certaines personnes ayant la charge de sa gestion quotidienne. Le rêve et le désir de tous les membres de la famille RDR sont de voir enfin arriver le congrès tant attendu pour que le parti change de dirigeants afin de changer de direction et revenir à sa position sous Henriette Dagri Diabaté. Alassane Ouattara et le 1er ministre actuel se sentiront mieux et donneront d’avantage de meilleurs résultats au grand bonheur des ivoiriens. Oui avec le changement au RDR c’est la libération des militants pour un parti régénéré, plus conquérant et à nouveau plus fort.

OCTAV DE BADI