« Nous réclamons non pas 5 millions de FCFA mais plutôt 10 millions chacun, plus une villa (…)

« Nous réclamons non pas 5 millions de FCFA mais plutôt 10 millions chacun, plus une villa (…) Le cas échéant, nous ne regagnerons pas les casernes », a affirmé un soldat à l’Agence France Presse. A Bouaké, les soldats ont « cassé la poudrière du camp du 3e bataillon », le plus important de la ville, « c’est de là qu’ils ont sorti les lance-roquettes et d’autres armes montées sur des pickups », avait expliqué un officier à l’Agence France Presse. Les militaires avaient ensuite attaqué la préfecture de police et les sept commissariats de Bouaké et dressé des barricades au centre-ville, coupant toute circulation, puis prenant position à divers carrefours stratégiques de la ville, avait constaté le correspondant de l’Agence France Presse.

Ce soulèvement se produit en effet alors que la Côte d’Ivoire se prépare à un large remaniement de ses institutions. Une nouvelle Constitution a été adoptée. Un nouveau gouvernement, un nouveau parlement et la création d’un poste de vice-président sont à venir dans les prochains jours.

Alors que plusieurs d’entre elles occupent actuellement de hautes fonctions de l’Etat, des personnalités de l’ex-rébellion craignant d’être marginalisées pourraient-elles trouver un intérêt à susciter du désordre ? Une source à Bouaké, proche des militaires en colère, le dément : « Ce n’est pas politique. Ils revendiquent leurs droits et se plaignent de la manière dont on les traite. Seuls les chefs mangent et les petits vivent dans la misère. Après la rébellion, des places leur avaient été promises, mais elles ont été données à d’autres, alors ils se sentent lésés. »

Vendredi soir, à Daloa, grande ville du centre-ouest, « les militaires ont regagné les casernes », a affirmé une source militaire, mettant fin aux tirs qui avaient semé la peur parmi la population. À Korhogo, un militaire joint au téléphone a indiqué que « tout (était désormais) calme ». A Daoukro (centre-est), fief de l’ex-président Henri Konan Bédié, grand allié du président Ouattara, les soldats qui avaient sillonné la ville « armés de kalachnikov (…) n’étaient plus visibles » en début de soirée, a rapporté un journaliste.