Rivotril, la Drogue préférée des Djihadistes, à la base des attentats de Bassam et de Ouagadougou

« L’un des djihadistes capturé à ouagadougou serait à la tête d’un réseau chargé de faire parvenir à des groupes djihadistes basés au Niger et au Mali un médicament puissant utilisé par les terroristes pour ôter toute sensation de peur : le Rivotril. Selon nos informations, des intermédiaires membres de ce réseau auraient tenté d’acheter cet antiépileptique en grande quantité auprès de pharmacies burkinabées. Certains pharmaciens parlent de plusieurs dizaines de cartons commandés. »

Nous rapportait le journal français le Monde dans son edition du 30 juin 2016.

En Côte d’Ivoire, lors du procès des deux militaires accusés de complicité dans l’attentat qui avait coûté la vie à 19 personnes sur la plage de Grand-Bassam, nous apprenions aussi que Le Sergent Coulibaly a déclaré avoir rencontré “Sam” alias Hassane Barry alias “Sam” ou “Barry Batesti Ange François”, le chauffeur d’un des présumés terroristes nommé Mohamed Hamza alias “Jamal”, quelques mois avant l’attaque et par le biais de son “frère” Pié Coulibaly, professeur à Dabou (sud ivoirien), admettant avoir été sollicité par le conducteur pour lui procurer du “Rivotril”, une “sorte de drogue”, en pharmacie.

Il a ajouté avoir rompu tout contact avec le jeune homme de 24 ans lorsqu’un médecin l’a informé sur les risques liés à l’utilisation de ce médicament.

Mis en contact avec Sam par l’intermédiaire de Zoumana Coulibaly, le Sergent Brice Touré a pour sa part reconnu avoir directement échangé avec M. Hamza pour la livraison d’un “carton de Rivotril” en échange d’une somme d’argent, se défendant toutefois d’avoir eu l’intention d’en acheter: “je voulais juste récupérer l’argent”.

Qu’est que le Rivotril connu à Abidjan sous le nom de « Rivo »

Le Rivotril est une benzodiazépine prescrite pour les crises d’angoisse, l’agitation, l’épilepsie, les douleurs neurologiques, contractures musculaires, sciatiques… On le retrouve comme adjuvant dans certains traitements (sclérose en plaques), il bénéficie d’une réputation d’efficacité et de relative innocuité en tant qu’anxiolytique, de calmant, d’inducteur de sommeil, et les risques de détournement paraissaient minimes. Il présente toutefois les mêmes risques d’effets secondaires que les autres anxiolytiques et anticonvulsionants de la même famille, tels que troubles de la mémoire et de la concentration, ainsi qu’une tendance à « anesthésier » les émotions impliquant une baisse de la capacité à ressentir le plaisir.

Effets et dépendance

Les benzodiazépines entraînent une sensation de détente, de relaxation, une déshinibition, une capacité à supporter et/ou à évacuer les contrariétés, les désagréments mais aussi les responsabilités. La tolérance à des doses de plus en plus élevées peut être rapide et croisée avec d’autres produits, y compris les opiacés. La prise répétée sur plusieurs semaines peut entraîner une accoutumance puis une dépendance grave, notamment chez les sujets recourant aux drogues. Contrairement au Rohypnol, dont les effets sont « francs » et « montent » en quelques minutes, ceux du Rivotril sont diffus et progressifs, d’où l’impression chez certains usagers de « ne rien sentir », entraînant une répétition des consommations en les potentialisant avec de l’alcool.

Usage detourné

L’usage détourné des benzodiazépines s’est également développé au Maghreb, notamment au Maroc et en Algérie, où une partie de la jeunesse désoeuvrée marque un engouement prononcé pour le clonazépam, de plus en plus qualifié de « drogue » par les médias. Les saisies s’y chiffrent par centaines de milliers de comprimés et l’augmentation du nombre de consommateurs, de trafics… grimpe très sensiblement. Selon Moktar, usager et vendeur de Rivotril, les fréquentes manchettes de la presse algérienne au sujet d’accidents, de trafics, de soumission chimique, de viols… de même qu’une récente affaire de détournement à l’échelle industrielle contribuent à faire une large publicité au produit. La dénomination de « drogue » du même niveau que le cannabis lui confèrerait un attrait supplémentaire. Par ailleurs, les médias évoquent un manque récurent du « médicament » dans les pharmacies. On y trouverait d’ailleurs depuis peu des contrefaçons. De quoi entretenir, souligne Moktar, l’intérêt pour ce fameux produit, vendu très cher au marché noir algérien.

Il est plus que temps que nos autorités prennent les choses en mains pour remonter le réseau d’acheminement de Rivotril depuis Abidjan vers Niamey en passant par Ouagadougou et Bamako.
Remonter le réseau pourrait nous permettre de démanteler la filière Djiadiste en Afrique de l’Ouest. c’est aussi le lien de d’interpeler nos Pharmaciens et de les utiliser comme outils d’alerte.

By : 5minutesinfos