Après dix ans d’instabilité et d’insécurité, le Mali n’arrive pas à établir les conditions d’un retour à une situation « normale ».

Début 2012, les rebelles du MNLA lancent une attaque à Ménaka. Une aattaque va encourager les groupes islamistes à faire de même. Une partie du centre et du nord du Mali tombe sous le contrôle des rebelles et des groupes terroristes. Des milliers d’habitants quittent leurs villages pour se réfugier dans les pays voisins, dont l’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso. Hormis en Algérie et en Mauritanie, les réfugiés sont rattrapés par l’insécurité qui s’est généralisée dans la région avec des attentats au Burkina et au Niger. Pour l’instant, avec deux coups d’État, au Mali et au Burkina, les choses ne semblent pas non plus s’arranger. Aucun de ces deux pays n’a élaboré un agenda politique sérieux, à même de ramener une stabilité politique qui est un facteur déterminant pour envisager des stratégies intégrées de lutte contre les groupes terroristes qui écument le Sahel. Outre les coups de force des militaires, des populations du Mali, du Burkina et du Niger ont été appelés, à travers des manifestations, au départ des forces françaises de l’opération Barkhane. Un convoi de transport de matériel pour cette force a été bloqué au Burkina et au Niger, alors qu’au Mali c’est pratiquement le divorce entre Bamako et Paris. L’ambassadeur de France dans ce pays a été prix de quitter le pays, et la junte au pouvoir a réclamé le départ des soldats français.

« Si les conditions ne sont plus réunies, ce qui est manifeste le cas, pour qu’on puisse être en mesure d’agir au Mali, on continue à combattre le terrorisme à côté avec les pays du Sahel qui sont eux tout à fait demandeurs » , In spécial, lundi soir, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, rapporte l’AFP. Le président Emmanuel Macron réunit, aujourd’hui, en marge de la rencontre Union européenne-Afrique, les partenaires de la France dans le Sahel pour discuter de la présence de la France au Mali et éventuellement du redéploiement de cette force dans les autres pays de la Région.

Paris doit dans la foulée présenter une réorganisation de son dispositif régional, dans une ambiance de fin de règne sur fond de sentiment anti-français croissant au Sahel. Le Niger voisin, un des alliés régionaux les plus fiables des Français, pourrait jouer un rôle central dans le nouveau dispositif. La ministre des Armées, Florence Parly, s’est rendue à Niamey, début février, pour s’entretenir avec le président nigérien, Mohamed Bazoum, a rappelé l’AFP.

Cela dit, il est clair que la France va se retirer du Mali, ma pourrait garder une certaine forme de coopération avec Bamako dans le cadre de la lutte antiterroriste. Car la France restera encore dans la région et poursuivra le combat contre les groupes extrémistes, selon le président Macron. Paris a d’ores et déjà clairement affirmé sa volonté de continuer à lutter au Sahel et en Afrique de l’Ouest contre la propagation du terrorisme vers le golfe de Guinée, déjà constatée dans le nord de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Bénin.

Le Mali n’ayant pas d’armée bien formée à la lutte contre les groupes islamistes risque de se retrouver dans une situation délicate après le départ du contingent français. Paris pour accuser Bamako d’avoir passé un accord avec la société de sécurité russe Wagner présentée comme « une entreprise de mercenariat » proche du Kremlin. Ce que Bamako et Moscou ont démenti arguant que les deux pays sont liés par des accords de coopération et que la présence de soldats russes au sein du cadre de la formation des unités maliennes. Dix ans après la chute de Ménaka, le Mali cherche encore une issue à sa problématique sécuritaire.

Djilali B.

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