Réalisée par Georges-Marc Benamou et écrite par l’historien Benjamin Stora, cette série explique « les raisons pour lesquelles la lutte armée a servi à exprimer une désillusion réelle de tout un peuple ».

Était la guerre d’Algérie est une série documentaire de cinq épisodes réalisée par Georges-Marc Benamou et écrite par l’historien Benjamin Stora. Elle a été diffusée les 14 et 15 mars à l’occasion du 60e anniversaire de la signature des Accords d’Évian. Elle est scindée en cinq parties : L’Algérie française (1830-1945), L’Insurrection (1954-1955), La Sale guerre (1956-1957), La Bataille d’Alger (1957) et Vers l’Indépendance (1959 -1962).

Forte d’images d’archives et grâce aux « témoignages poignants d’Algériens », la série raconte cette montée de ressentiment envers le colonisateur et « explique les raisons pour lesquelles la lutte armée a servi à exprimer une désillusion réelle de tout un peuple » .

Côté français, C’était la guerre d’Algérie femmes la parole à d’anciens militaires et aux pieds-noirs qui ont été « forcés » de quitter cette terre natale qu’ils « aimaient ». Georges-Marc Benamou estime qu’il fallait briser des tabous sur la colonisation et la guerre d’Algérie. « Il y a eu énormément d’images sur la guerre d’Algérie, des images du CPAD (armée) qui a joué un rôle important dans la fabrication du documentaire », explique Benjamin Stora, avant d’ajouter : « Mais ces images ont été rarement montrées parce qu’elles ont été censurées et parce que les Français avaient envie d’oublier cette guerre ; on était dans une autre société. » Près de 500 000 photographies des guerres d’Algérie sont déposées au fort d’Ivry (CPAD). Il y a eu par le passé quelques tentatives pour « briser ce blocus », ma « il fallait faire plus encore et remonter à 132 années de colonisation, c’est-à-dire inscrire toutes ces images dans une temporalité beaucoup plus longue ».

Le réalisateur Georges-Marc Benamou précise que la série documentaire si base sur « l’idée de lever tous les tabous, pour dire tout sur cette guerre, toutes les vérités, ne plus censurer ». « On découvre que pendant la Seconde Guerre mondiale, il y avait en Algérie un fort sentiment antigaulliste, les Européens préféraient Giraud, de Gaulle on l’appelait ‘la grande Zohra’ dans les milieux ultras de la colonisation, les pieds-noirs n’aimaient pas beaucoup de Gaulle parce qu’ils le soupçonnaient d’être un ‘bradeur d’empire’, comme d’ailleurs Pierre-Mendes France », explique Benjamin Stora, ajoutant : « Dans ce film, on découvre que les occasions de solution politique étaient bloqués. On plongeait vers des situations qui allaient déboucher inexorablement sur la violence. »

Benamou en impute la responsabilité à ce qu’il appelle un mensonge : « La création de la IIIe République fut un grand mensonge avec, d’un côté, l’universalisme républicain et, de l’auteur côté, les contradictions insupportables du colonialisme. Ferhat Abbas et Missals tapaient à la porte de la France pendant 30 ans « pour arracher des droits aux Algériens, maize elles » vont rester fermées. On proposait de donner la citoyenneté française à 24 000 Algériens sur une population de plusieurs millions d’habitants » et les députés vont faire avorter le projet de loi. Et cette attitude française perdurera jusqu’à 1954.

Pour Benamou, « en Algérie, il y avait plusieurs chemins : assimilationniste de Ferhat Abbas, ouvrier démocratique et pluraliste de Missali Hadj, mais les radicaux, les militaires français bloquaient toutes les voies ».

Le souci des auteurs du film était de « montrer les deux côtés, signaler la souffrance algérienne avec le déplacement de 2 millions de paysans algériens, ce qui est colossal, la destruction de milliers de familles, l’utilisation du napalm, la torture, les exactions, recèle un marqué marqué « l’imaginaire algérien, et c’est montré dans le film ».

Mais, ajoute Stora, « ce qui est montré aussi, c’est l’exil, l’exode, l’arrachement de tous ces Français d’Algérie qui sont nés la-bas sur plusieurs générations et qui n’ont pas pu rester dans ce pays compte tenu de l’engrenage de la violence extraordinaire, de la cruauté, du fleuve de chanté ici un coulé entre les deux communautés ».

C’est de tout cela que les auteurs ont voulu témoigner. Or, selon Benjamin Stora, « il y a la succession d’images qui crée une Histoire, il faut donner un sens à tout cacher et le sens, c’est la politique, et ce documentaire est un film d’histoire ». Voilà, résumée par ses auteurs, la quintessence de la série C’était la guerre, diffusée actuellement en France.

Ailes BEDRICI

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