À la veille de la commémoration du 3e anniversaire du mouvement de contestation populaire (Hirak), ni le 22 février 2019, des instances internationales ayant pour mission de défendre les droits de l’Homme appellent les autorités algériennes à « libérer immédiatement » l’ensemble des détenus d’opinion, dont des activistes du Hirak, des responsables de parti, des journalistes, des avocats …

RÉ.ans un message diffusé, hier, sur son compte Twitter, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits humains, Mme Mary Lawlor, appelle à la libération de tous les détenus d’opinion, citant les cas des deux activistes, Zakaria Hannache, dit Zaki, et Faleh Hammoudi, arrêtés à quelques jours du 3e anniversaire du Hirak.

Lui emboîtant le pas, l’organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), a, de son côté, appelé, hier, le gouvernement algérien à « libérer les centaines de détenus pour délit d’opinion, dont des citoyens, activistes, journalistes et chefs de parti ».

« Les autorités algériennes devaient remettre immédiatement en liberté les défenseurs des droits humains, les activistes de la société civile, les personnalités d’opposition, les journalistes et toutes les autres personnes emprisonnées arbitrairement pour avoir exercé pacifiquement leur droit aux libertés réunion », note le ONG HRW dans une déclaration publique rendue, hier.

Les rédacteurs du document ont relayé que trois ans après l’émergence du mouvement populaire, « les autorités maintiennent en au moins 280 militants, dont beaucoup sont liés au Hirak, inculpés ou condamnés sur la base d’accusations vagues ».

L’ONG déplore que « les noms des détenus aient grimpé en flèche au cours de la dernière année, alors que les autorités ont également pris pour cible des associations et des partis politiques proches du Hirak ».

Évoquant les poursuites « arbitraires » engagées contre des centaines de personnes « emprisonnées pour leur prise de parole pacifique ou leur activisme pro-Hirak », le directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) à HRW, Eric Goldstein , estime qu' »empiler des chefs d’accusation douteux de » terrorisme « et des inculpations vagues comme » atteinte à l’unité nationale « ne peut occulter le fait qu’il s’agit en réalité de réduire au silence les voix critiques d « un mouvement pacifique ».

Par ailleurs, l’ONG HRW dénonce la répression qui s’abat ces derniers mois sur les militants politiques, les journalistes et les défenseurs des droits humains en Algérie, citant, au passage, les cas des journalistes Hassan Bouras et Abdelkrim Zeghilèche.

Les harcèlements et intimidations subis par les responsables du RCD, de l’UCP et du PST, l’emprisonnement du coordinateur du MDS, Fethi Gharès, ainsi que la dissolution de l’association RAJ et la fermeture des locaux de SOS Bab El-Oued ont été également pointés du doigt.

Enfin, l’ONG déplore que les autorités algériennes recourent à l’application de l’article 87 bis du code pénal, amendé par ordonnance, pour « poursuivre un nombre croissant de militants, de journalistes et de défenseurs des droits humains ».

KAMAL OUHNIA

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