Le docteur Fawzi Derrar, virologue et directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), revient dans cet entretien sur la forte possibilité de l’émergence du variant Omicron en Algérie. Il apprend l’évolution de l’épidémie face aux inquiétudes suscitées par cette nouvelle souche. Le faible taux de couverture vaccinale constitue, pour lui, un « danger ». Il appelle donc à une vaccination massive et au strict respect des gestes barrières car, selon lui, « le seuil d’alerte a été atteint ».

– La nouvelle variante Omicron inquiète la planète compte tenu de la rapidité de sa propagation et de sa contagiosité. Vous avez dit que l’Algérie n’est pas à l’abri. L’Institut Pasteur en Algérie a-t-il détecté des cas d’Omicron ?

Je tiens à préciser que depuis la détection des premiers cas en Afrique, notamment en Afrique du Sud, nous surveillons de très près toutes les personnes venant de la région et où la nouvelle variante est en circulation.

Par conséquent, les PCR positifs pour Covid-19 de certaines personnes qui ont voyagé en Afrique du Sud et sont revenues la semaine dernière, y compris l’équipe JSK et d’autres qui ont participé à des manifestations économiques, ont été examinés pour s’assurer de la présence ou de l’absence de cette nouvelle souche.

Des PCR négatives ont également été testées pour éviter les faux négatifs. Le séquençage génomique des cas suspects est toujours en cours et le délai de la technique est étalé sur dix jours pour confirmation. Nous attendons les résultats sous peu.

Le dépistage est désormais systématique au niveau de l’IPA pour toute PCR positive au Covid-19 des voyageurs en provenance des pays où le variant a été détecté. Des cas d’infection à Omicron dans les prochains jours ne sont pas exclus.

Il est important de souligner que l’on se souvient que depuis la détection des premiers cas en Afrique (Afrique du Sud et Swaziland), la propagation a suivi un rythme vertigineux, la preuve en est qu’en l’espace de quatre jours, tous les continents ont été pratiquement touchés. .

En plus de cette croissance rapide de la contamination, les conditions météorologiques favorisent une transmission élevée, notamment par les agrégations dans des espaces confinés.

Au vu des dernières vagues enregistrées et provoquées par les variantes précédentes et de la nature de leur propagation, on comprend aisément que rien n’empêchera l’Omicron d’entrer en Algérie, comme dans le reste des pays.

Les virus ne connaissent pas de frontières ! Jusqu’à présent, la variante Omicron n’est pas responsable d’infections graves (aucun décès enregistré à ce jour), mais aucun scientifique au monde ne pourra prédire son évolution dans les jours ou les semaines à venir, en ce qui concerne sa composante génétique qui est très spécifiques (une trentaine de mutations dans la protéine Spike) et qui peuvent évoluer très rapidement.

A bientôt


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