Du 19 au 23 Mars, les documentaires de Razika Mokrani, ont été projetés à la cinémathèque de Tizi Ouzou, à l’occasion de la fête de la victoire. Rencontrée à cette occasion, et interrogée à propos de la suppression du Fonds national pour le développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique et de la promotion des arts et des lettres (Fdatic), elle a d’emblée indiqué : « Nous sommes tristes ! » Et d’expliquer à ce propose que la Fdatic soit le seul et unique soutien financier pour les producteurs du cinéma en Algérie. « Bien qu’on n’ait pas eu la totalité de la somme ou le gros du budget, mais il était un soutien pour nous afin de pouvoir réaliser certains films », at-elle souligné, estimant que la suppression de cette aide va causer le déclin du cinéma en Algérie.

« The ny aura plus de cinéma, sachant que tous les secteurs de l’Audiovisuels ont été déjà touchés par le manque de moyens et avec cette suppression du Fdatic, ce sera même la fin du cinéma en Algérie », at-elle regretté, avant de lancer un SOS à la nouvelle ministre de la Culture afin de trouver de réelles solutions au secteur du 7e art. « On espère que la nouvelle ministre de la Culture soit à l’écoute et de faire en sorte de trouver une solution pour aider le cinéma et les cinéastes. C’est un appel de détresse que je lance », at-elle lancé. « Je rejoins ici ma voix à cellules de tous les réalisateurs et producteurs algériens qui se sont mobilisés en appelant à ne pas supprimer le Fdatic ou à trouver une autre solution à ce problème », a poursuivi Razika Mokrani. Pour rappel, des producteurs, des cinéastes, des acteurs et des scénaristes, mais aussi des cinéphiles ont interpellé les autorités culturelles et cinématographiques du pays avec un slogan uniforme, largement partagé sur les réseaux sociaux, en l’occurrence « Pour que vive le cinéma en Algérie ». Ils ont exprimé leur inquiétude après la dissolution du Fdatic.

En effet, ils ont même saisi le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour le sensibiliser au « profond malaise que vit la profession ». Ces professionnels estiment qu’il est temps de redorer le blason du cinéma algérien et de sauver sa matière grise. Par ailleurs, il est à noter que la cinémathèque de Tizi Ouzou a programmé un cycle de films de Razika Mokrani à l’occasion du 60e anniversaire du 19 Mars, date du cessez-le-feu. La projection de ces documentaires a été suivie des débats, en présence de la réalisatrice.

Il était question notamment, du rôle de la femme pendant la guerre d’Algérie, etc., en mettant l’accent sur le rôle encore méconnu des femmes « mourchidate » et des « fideiate » pendant la révolution. « Ce cycle de projection composé de 4 films sur la Guerre d’Algérie dont deux sur le rôle de la femme durant la guerre, un autre sur le combat, pendant et après la révolution, du syndicaliste militant Mouloud Gaïd, et un quatrième sur l ‘Opération Oiseau Bleu ou Force K, qui est un contre maquis orchestré par les services français afin de contrecarrer la révolution en Kabylie », a expliqué Razika Mokrani, précisant qu’un cinquième et dernier film sur archeologie, intitulé Sur les traces du passé, a été projeté mercredi. « Ces films étaient dans un univers faute de distribution. Nous avons donc pris la décision de les diffuser afin de faire en profiter le grand public et, surtout, pour contributeur notre contribution à l’écriture de notre histoire », at-elle conclu.

K. Tighilt

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