L’activisme de l’auteur pour le bien-être de nos jeunes et ses actions sur le terrain contre les fléaux comme la toxicomanie et les drogues font de cet ouvrage un sésame précieux pour les jeunes qui veulent sortir et l’entourage qui les accompagne dans ce chemin tortueux .

C’est avec quarante ans au service de la jeunesse que le professeur et président de la confédération nationale de concertation et de coordination du mouvement associatif, Abdelkrim Abidat, publie l’ouvrage Expertise, autopsie, malaise et espoir d’une jeunesse. L’activisme de l’auteur pour le bien-être de nos jeunes et ses actions sur le terrain contre les fléaux comme la toxicomanie et les drogues font de cet ouvrage un sésame précieux pour les jeunes qui veulent sortir et l’entourage qui les accompagne dans ce chemin tortueux . En plus de l’expérience d’Abidat, c’est avec l’aide de 1 920 jeunes que l’œuvre a été réalisée. Des jeunes de l’Algérie profonde, à raison de 40 par wilaya, âgés entre 18 et 25 ans, « qui ont eu la gentillesse de contribuer à la réalisation du contenu de l’ouvrage par leurs points de vue ». Donner la parole à cette frange de la société, c’est aussi dire aujourd’hui l’Algérie, avec ses « mutations politiques, économiques, sociales, culturelles et éducatives ». Et cette recomposition « a eu un impact profond sur la nature des relations et des comportements sociaux, aussi sur les besoins et les préoccupations exprimés ».

Et l’auteur insiste sur le fait que les jeunes de moins de trente ans représentent 70 % de la population algérienne. « Ils ont subi les effets de la crise multiple. Il est important aujourd’hui de réfléchir aux voies et moyens de renouer le dialogue avec nos jeunes pour prévenir les abus graves et partager leurs préoccupations ». « Le premier des dangers qui guettent et se nourrissent de la misère de nos jeunes » est précisément la harga, ou l’émigration clandestine.

Plusieurs facteurs contribuent à ce fléau, écrit Abidat. Le premier constat est la rupture avec l’ordre social, dont les causes peuvent être liées au décrochage scolaire, à la démission des parents, d’autre part au chômage, aux « dates douteuses » entre autres, et enfin à la désillusion d’un avenir meilleur ailleurs, où « le désespoir devient mobilisateur ». Les autres dangers sont évidemment la drogue, la violence et la délinquance, provoqués également par la « vie pauvre », « la pauvreté », « l’absence d’autorité parentale » ou encore « l’absence de communication ». Le résultat alors, souligne Abidat, « de jeunes qui échappent à toute intervention éducative, viendra grossir les rangs des oisifs qui tenteront ensemble d’exprimer leurs réactions de revanche contre la société qui reste à leurs yeux la seule responsable de leur destin. . Ces jeunes deviennent des acteurs clés du développement du vol, de la drogue, de la violence et de la criminalité ». L’éducateur demande alors aux pouvoirs publics et à chacun d’aider au mieux ces jeunes.

Il propose ainsi « le renforcement de l’autorité de l’Etat qui devrait se traduire par la présence de services de sécurité de proximité (tels que la Sûreté Nationale et la Gendarmerie), la réhabilitation des valeurs morales et des traditions et coutumes, l’amélioration des le cadre et les conditions de vie dans les quartiers défavorisés, à travers des actions concrètes de réaménagement », ainsi que « la réalisation d’actions de protection sociale pour différentes catégories de jeunes en difficulté ». Le chômage, source de mal-être pour de nombreux jeunes, est une préoccupation majeure. Une nouvelle politique doit être mise en œuvre, quand on constate que « les jeunes de 15 à 24 ans représentent 24,3 % de l’ensemble des chômeurs ». Selon Abidat, les mesures à prendre seraient « le renforcement des structures et l’intensification des réseaux de lutte contre le chômage », « l’insertion des diplômés chômeurs », « le renforcement des mécanismes de financement des systèmes d’emploi » ou encore « l’amélioration du climat national d’investissement et la rationalisation des procédures de création d’entreprise ».

Même si la tâche s’avère difficile, il appartient à l’avenir de nos jeunes et du pays de s’intéresser sérieusement aux conditions de vie de cette partie de la société. Le mouvement associatif, dont Abdelkrim Abidat est un acteur clé, est l’une des solutions pour faire face à la situation de plus en plus préoccupante des 15-30 ans. Enfin, il est à noter que le produit de la vente de ce livre servira à financer les activités du Centre Bouchaoui de prévention et de contrôle des drogues.

Yasmine Azzouz

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