Dans le sujet « Posticha », qui signifie « problème » dans certaines villes à la campagne, il ne s’écarte guère des premières œuvres du dramaturge, où le politique et le social se heurtent pour montrer les défauts de notre société et les limites de la société. ‘Humain.

Ahmed Rezzak surprend une nouvelle fois avec l’oeuvre inédite qu’il vient de présenter en faveur du général de sa comédie Posticha. En effet, le dramaturge revient, après le très politique Khatini, avec un projet herculéen, celui de réunir, pour la première fois dans les annales du théâtre algérien, 120 artistes bénévoles, dont des comédiens, danseurs, techniciens, scénographes et metteurs en scène de toutes les wilayas.

En deux mois, Rezzak a pu réunir tous ces métiers dans une démarche caritative, puisque les revenus des représentations seront reversés à l’association de lutte contre le cancer El-Amel CPMC. Dans le thème Posticha, qui signifie « problème » dans certaines villes du pays, il ne s’écarte guère de ses travaux antérieurs, où le politique et le social se heurtent pour montrer les défauts de notre société et les limites de l’être humain. Tout a commencé avec la destruction d’un réverbère dans un quartier populaire, qui pourrait être n’importe où en Algérie. Depuis cet incident, les habitants s’accusent à tort les uns les autres au point de provoquer de violentes bagarres. L’entente qui régnait récemment est rompue, les années de coexistence laissent place à la dérision des origines géographiques de certains (Est, Ouest, Nord ou Sud).

L’effet papillon provoqué par le premier accident se traduit par l’arrestation injuste d’un jeune du quartier, Karim. C’est ici qu’Ahmed Rezzak met à nu le caractère fondamentalement égocentrique de l’être humain. Loin de défendre l’accusé, tout le monde se réjouit, au contraire, d’avoir enfin pris contact avec ce fauteur de troubles, même si beaucoup sauraient qu’il est innocent. Le caractère politique de l’œuvre s’ajoute au cadre social, puisque les émeutes du quartier deviennent une affaire nationale, prise en considération par les plus hautes autorités de l’État. N’ayant pas réussi à calmer le jeu, un commissaire dépêché sur les lieux a emprisonné d’autres habitants. Le fossé entre les citoyens et les autorités se creuse. Il faudra attendre l’intervention du « Hakem » pour rétablir l’ordre et pardonner aux personnes arbitrairement arrêtées. Mais le mal est là, la mère du jeune Karim est morte de douleur.

Par ailleurs, Ahmed Rezzak aborde divers sous-thèmes tels que la pauvreté, l’homosexualité, les relations homme-femme. Elle les tisse pour que le spectateur ne perde pas de vue le nœud gordien, malgré la présence sur scène de plus d’une centaine d’acteurs ! Mina Lachter, Mustapha Ayad, Kamel Bouakaz, Hamid Achouri, Leila Touchi, Samira Sahraoui et bien d’autres comédiens, notamment des jeunes de différents théâtres régionaux, apportent leur pierre à l’édifice de ce beau spectacle, avant tout humain, confortant la démarche du dramaturge. dans ce « théâtre des opprimés » qui essaie de trouver des solutions par l’art aux problèmes sociaux que vit son prochain.

A noter que le spectacle est toujours programmé aujourd’hui à 18h au Théâtre National Mahieddine-Bachtarzi. Le prix du billet est de 1 000 DA et l’intégralité des bénéfices sera reversée à l’association El-Amel pour les malades du cancer.

Yasmine Azzouz

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