Selon les estimations des experts, environ 90 % des masques utilisés, ainsi que d’autres déchets liés à la pandémie, pourraient finir dans des décharges ou flotter dans des oueds, alors que nous sommes loin d’échapper à cette pandémie de coronavirus.

P.Plusieurs endroits à Bordj Bou-Arréridj sont sous pression de cette nouvelle pollution, générée par les masques de protection contre le Covid-19 et que les usagers laissent partout après usage. Ces masques salissent les artères des villes et villages, mais désormais ce sont les espaces verts et les points d’eau qui sont menacés.

« Pendant cette pandémie de Covid-19, les masques faciaux sont devenus un type de déchets courant qui envahit de nombreux environnements différents, notamment les champs, les espaces verts et les points d’eau. On ne l’avait pas vu venir. Nous nous sommes engagés à lutter contre la propagation du coronavirus (Covid-19). Or, la présence de ces masques dans ces milieux menace l’environnement et la santé publique », affirment les membres de l’association locale Amis de l’environnement de Bordj Bou-Arréridj, rencontrés lors d’une opération de reboisement à l’intérieur de la ville.

« Composé de fibres plastiques, notamment de polypropylène, une matière très polluante qui met des centaines d’années à se décomposer, le masque jetable se trouve partout sur le sol et dans l’eau », rappelle le Dr Hasna Boulkroune, spécialiste en écotoxicologie et enseignante à Bachir – Université Ibrahimi de Bordj Bou-Arréridj.

Et d’ajouter : « Des centaines, voire des milliers de masques sont jetés dans la rue, dans les caniveaux, beaucoup par terre ou dans les poubelles domestiques, dont la majorité étaient jetables. Et comme la plupart des déchets liés à la pandémie sont du plastique, si cette situation n’est pas gérée de manière rationnelle, des décharges incontrôlées pourraient se produire ».

Selon les estimations de ce spécialiste, environ 90 % des masques utilisés, ainsi que d’autres déchets liés à la pandémie, devraient finir dans des décharges ou flotter dans les oueds.

« Le masque est porté en moyenne 4 heures par jour par un quart de la population. Ainsi, pour l’Algérie, le nombre de masques utilisés par jour est de 8 millions, et pour la wilaya de Bordj Bou-Arréridj il faut 100 000 masques par jour », explique-t-il, ajoutant qu’en Algérie la quantité de déchets masqués produite est de 20 t/ d et à Bordj Bou-Arréridj est de 0,5 t/j.

« Mauvaise nouvelle : comme la plupart de ces déchets médicaux sont constitués de plastiques à usage unique nocifs pour l’environnement et pour l’homme, ils sont également porteurs de germes et le risque de contamination est très élevé. Ce nouveau type de déchets, potentiellement contaminés, inquiète les spécialistes et pose un défi environnemental épineux », prévient-il.

« Les citoyens aussi doivent prendre conscience et réduire ce type de déchets. Vous pouvez laver votre masque chirurgical puis le réutiliser, et même jusqu’à dix fois, sans perdre ses propriétés », explique le Dr Lakhdar Bendjoual, médecin et président de l’association locale de protection de l’environnement Les Amis environnement.

Chabane BOUARISSA

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