Dans son nouveau roman, Smaïl Yabrir vit « une nouvelle expérience à travers laquelle il porte un regard très particulier sur l’humanité. Les repères spatiaux disparaissent pour laisser place à un imaginaire foisonnant, tout en conservant les choix esthétiques qui lui sont connus ».

L’L’écrivain Smaïl Yabrir vient de publier simultanément dans trois maisons d’édition en Algérie (éd. Hibr), en Tunisie (éd. Dar El-Kitab) et en Egypte (éd. Dar Safsafa) son dernier roman en arabe intitulé Al-achiqane el – khajoulane (Les Amoureux timides), une fiction de 196 pages dont le héros n’est autre que Mahfoud, un misanthrope en décalage avec son temps, ses valeurs et ses principes.

Loin de l’agitation de la vie moderne, le protagoniste adopte le même style de vie que l’homme préhistorique. Son histoire, pour le moins insolite, fait le tour du pays. Le directeur d’une chaîne de télévision veut alors faire son chou et engage un jeune journaliste, Shamoussa, pour l’interviewer.

Ce dernier trouve contre toute attente de nombreux points communs avec le personnage. Peu à peu, une histoire d’amour prend forme devant le lecteur. Les expériences personnelles du couple se croisent au fil des pages. On assiste à un long dialogue qui forme la base du roman et nous en apprend davantage sur les secrets, les non-dits, les peurs et les déceptions de chacun.

Pour échapper à cette réalité inéluctable et amère, le couple construit donc son propre monde, où le mal n’existe pas. Dans cet univers surréaliste, les animaux et les choses se parlent, l’espace et le temps changent continuellement, l’immuabilité des choses, les certitudes et les croyances sont ébranlées.

À travers ce processus, Yabrir cherche à donner une voix à ces personnes marginalisées que la société exclut. Al-achiqane el-khajoulane est une critique du déclin moral du monde et de l’homme moderne.

L’éditeur de ce roman note que Yabrir vit « une nouvelle expérience à travers laquelle il porte un regard très particulier sur l’humanité. Les repères spatiaux disparaissent pour laisser place à un imaginaire foisonnant, tout en conservant les choix esthétiques qui lui sont connus ».

Le titre du roman fait également référence à une gravure rupestre située à Aïn Naga (wilaya de Djelfa), ville natale du romancier, qui représente un homme et une femme, et que la légende locale désigne comme des « timides amants ».

Romancier, poète et dramaturge, Smaïl Yabrir, né en 1979, a publié ses deux premiers recueils de poèmes, Premiers Rituels et L’Exercise en 2008, avant de publier son premier roman Yamonda.

Il est également l’auteur du Testament d’un sot, décerné au Soudan, par Maoula El-Hayra, prix Mohamed Dib, et d’autres recueils de poèmes et textes dramaturgiques dont Aâttacha et Il narratore nella fiaba, primés aux Emirats arabes. Uni.

L’auteur a également annoncé, rapporte l’APS, la sortie, en mars prochain, d’un recueil de nouvelles et d’un nouveau poème.

Yasmine AZZOUZ

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