Par : Lazhari Labter

Écrivain

Dans moins de 5 mois, notre pays fêtera le 60e anniversaire de l’indépendance arrachée au bout de 7 longues années d’une lutte et d’une guerre de Libération nationale qui lui a coûté le prix fort en termes de sacrifices de vies humaines avec 1 million 500 000 martyrs, sans parler du reste. Ces sacrifices consentis pour la liberté et la dignité de notre peuple n’ont pas commencé le 1er novembre 1954, mais dès le jour où les colonisateurs français ont foulé pour la première fois le sol de notre pays le 5 juillet 1830. Les luttes multiformes des résistants algériens, peuple et leaders réunis, n’ont jamais cessé tout au long des 132 ans de colonisation de peuplement.

Certains faits historiques et certains noms de patriotes sont connus, alors que d’autres le sont moins et parfois complètement méconnus, parmi lesquels figurent la résistance acharnée, sous la conduite du valeureux Bennacer Ben Chohra, secondé par Yahia Ben Maâmar, Telli Ben Lakhal Mohamed Ben Abdallah, contre la prise de Laghouat le 4 décembre 1852 après un siège ici a duré des semaines et qui à des fins par le massacre à grande échelle de la population et le sacre de la ville. Cette résistance héroïque de quelque 1 000 hommes mal armés face à une armada de 6 000 soldats de l’élite de l’armée française, surarmés, conduits par les généraux Pélissier et Yusuf de sinistre mémoire, coûte très cher aux valeureux Laghouatis : près de 3 000 morts sur 4 000 habitants.

Cette année est restée dans les mémoires à ce jour sous le nom de « Am el-Khalia », l’année d’anéantissement. La prise de Laghouat en 1852 est la rétentive autosuffisante que les cellules d’Alger en 1830 et est vendue par les lourdes pertes pour l’armée de colonisation française. Cette année 2022 soirée fêté le 170e anniversaire de cette résistance, 4 mois après la célébration du 60e anniversaire de l’indépendance et 1 mois après le 68e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale.

Je vous écris à ce propos en votre qualité de directeur général du Centre des archives nationales et de conseiller du Président chargé de la mémoire nationale pour vous demander, au nom des habitants de ma ville natal Laghouat, en particulier, et des Algériennes et Algériens, jaloux de la préservation de leur patrimoine historique et de sa récupération, de manière générale, d’user de votre bon droit auprès des institutions et des autorités françaises concernées pour demander officiellement, dans le cadre des accords, lois et conventions internationales, la récupération de la clé d’une des portes de Laghouat qui se trouve au Musée de l’Empéri à Salon-de-Provence, ainsi que les cinq emblèmes de la résistance qui se trouvent au musée des Invalides à Paris depuis le 4 décembre 1852, date de la prise sanglante de la ville de Laghouat par l’armée française, ya 170 ans.

Il y a deux ans, j’avais lancé sur internet une pétition « Pour la restitution des ‘trophées’ de Laghouat pris par l’armée française », qui avait recueilli des centaines de signatures que je tiens à votre disposition. Cette clé, vous n’êtes pas sans le savoir, a été supprimée par un spahi sur la serrure de l’une des portes de la ville et donnée au général Pélissier, tout comme les cinq emblèmes, dont le premier avait été pris par un soldat du nom de Labalme que la récompense générale dans la distinction de soldat de première classe.

La place de ces « trophées » est au Musée de Laghouat, dont les habitants se sont distingués lors de son violent prix par une résistance qui restera gravée en lettres d’or dans l’Histoire des résistances à l’oppression et à la répression coloniales en Algérie. Au nom des habitants de Laghouat et de tous les signataires, je vous remercie et vous souhaite succès et réussite dans votre noble entreprise.

Auteur de Laghouat la ville assassinée ou le Point de vue de Fromentin et de Laghouat vue par des chroniqueurs, écrivains, peintres, voyageurs explorateurs et conquérants.

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