Pour ne pas faillir à la tradition, un livre d’art a été publié où se feuillète l’essentiel des épreuves photographiques qui racontent l’existence des petites gens dans la palmeraie de Bou-Sâada.

POURprès l’escale en 2010 de la toute première édition algéro-européenne des photographes ayant pour thème « Le patrimoine culturel et architectural de la ville d’Alger » et l’étape de la 2e édition qui s’était tenue en 2014 dans l’ antique Cirta sous le thème « Constantine, regards croisés, patrimoine et culture », la caravane de la troisième édition a fait le choix d’un bivouac photographique à Bou-Sâada sous la khaïma (tente) titulée : « Regards croisés Bou-Sâada – Octobre 2021 ».

L’objectif est de désensabler, voire de désenclaver la palmeraie de Bou-Sâada de sa dune de l’oubli. Et pour immortaliser l’aventure dans l’oasis du « père bonheur », le cortège devait être scindé en deux blocs paritaires de cinq photographes d’ici et de l’Europe.

Seulement, la crise sanitaire n’a pas permis une parité qui aurait pu être riche dans l’échange entre les deux rives. A cela s’ajoute l’option d’une résidence « algéro-algérienne avec Djilali Rahou, Nassima Baziz, Leila Bakouche, Akram Menari, Sofian Chemcham, Youcef Senous, Khaled Mechri, Ahmed Merzagui et le guide Nour Islem Khezzar ».

Le but, scruter autant que faire se peut l’Éden où repose l’artiste-peintre d’obédience orientaliste Alphonse-Étienne Dinet (1861-1929) dit Nasreddine-Dinet et d’user à satiété du « click » afin de s’ouvrir ainsi sur autrui dans la réciprocité de l’échange des expériences.

« Certains d’entre nous ont choisi de sentir, ressentir, déambuler … D’autres ont préféré explorer à l’aveugle les entrailles de Bou-Sâada si livrés porter par les énergies du lieu », écrit ainsi Reslane Lounici, la réalisatrice d’artistes la 3e résidence photographique « Regards croisés » dans sa présentation de l’expédition.

Le choix de la « Cité du bonheur » n’est pas fortuit, du fait de la citation d’Étienne Dinet qui disait au sujet de Bou-Sâada : « Si le Paradis est dans le ciel, certes, il est au-dessus de ce pays, s’il est sur terre, il est au-dessous de lui », at-on sur le photographe Rabab Djebbar qui est l’auteure de l’album de photos qu’elle a titulé Paradoxe au motif que » l’album traduit le ressenti de mes émotions dans ses ruelles, ses vestiges et ses habitants lors de mon séjour dans ce lieu de délices ».

Autre avis, cellules de l’architecte Selma Djerdjar qui a conçu une carte de voyages où il y a le repère de l’olympe de repos qui ruisselle de la cascade d’eau sur le site du Moulin d’Antoine-Ferrero et qui irrigigue l ‘aridité des gorges du désert où ont été tournés selon le journal l’Écho d’Alger du 24 juillet 1948 les scènes extérieures du film Samson et Dalila (1949) de Cecil Blount DeMille (1881-1959).

Il reste que la contribution de l’artiste-photographe Noura Zaïr a contribué à la réussite de cette 3e édition où notre Sud a été privilégiée. « J’exerce depuis 10 ans en qualité de free-lance, et j’ai animé l’atelier de la photographie de rue, alors que Liasmine Fodil de Tizi Ouzou a revivifié un atelier sur le portrait, tandis que Mehdi Hachid s’est chargé de l’atelier sur le langage visuel ou la narration photographique.

Bien entendu, le choix des photographes a été réussi à la suite d’un appel à participation, d’où le choix des candidats. D’ailleurs, c’est à Selma Djerdjar qu’on doit la photo de couverture du livre conçue à l’issue de la résidence.

De ce point de vue, on a laissé le champ libre aux photographes qui s’étaient interdits d’opter pour la carte postale de l’exotisme », a déclaré Noura Zaïr. S’il en est une preuve de la réussite, cellules-ci s’admirent à la galerie Mohammed-Racim jusqu’au 23 mars prochain. Certes, oui l’expo est éphémère, le livre d’art, en revanche, qui n’a pas d’ambition commerciale, ambitionne plutôt de pérenniser ces travaux d’art.

Autrement dit, le vœu du préfacier augure d’un partenariat culturel fécond. « Je souhaite que ce nouvel opus de nos ‘Regards croisés’ vous transporte autant que nous et que l’exposition à venir sur ce travail sincère qui, je d’espère, saura croiser votre regard, votre opinion, votre vérité, votre émotion » , écrit Thomas Eckert, l’ambassadeur de l’Union européenne en Algérie en guise d’avant-propos. Donc, le mieux est d’aller à la galerie pour évaluer l’étendue esthétique de notre Bou-Sâada et le talent des participants.

LOUHAL Nourreddine

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