Accompagnée d’un équinoxe pluvieux, la 25e édition du SILA (Salon international du livre d’Alger) à enfin eu lieu cette année (du 24 mars au 01 avril 2022). Tel un soldat qui revient de guerre après une absence de deux ans, sera-t-elle accueillie à bras ouverts ? L’art des belles lettres est-il toujours amaant d’autrefois de l’Algérien ? Ou at-il exposé sa brève mais riche aventure avec, envoûté par une fraiche histoire du XXI e siècle, m’a-t-on dit appelé ‘technologie’ …

Qu’en est-il donc de cet art, de cette littérature algérienne, d’hier et d’aujourd’hui, de demain ?

Au passé

La richesse culturelle, l’opulence ethnique, et de ce fait la fortune linguistique n’est pas dotée de l’Algérie, a donné naissance à une littérature diversifiée, où chaque auteur s’exprimait dans une langue, qu’il ne choisissait probablement pas par hasard , corn pour être proche de ses lecteurs, pour en viser d’autres au-delà des limites de son pays, ou pour exprimer son identité… Nait donc une littérature d’expression arabe, amazighe et française. Cette étant les dernières cellules qui marquera le plus l’histoire de la littérature algérienne : où retenaient et retenaient à jamais les noms de ces grands auteurs : KATEB Yacine, Mouloud FERAOUN, Mouloud MAMMERI, Mohammed DIB, Assia DJEBAR. Des grands écrivains, relatant l’histoire de l’Algérie colonisée, contant la vie dans ce pays d’avant, socialement, culturellement, défendant des causes, affirmant leur identité et la souffrance de tout un peuple. Des livres, certains publiés en pleine guerre et d’autres après l’indépendance, mais qui ont tous su toucher l’Algérien, lisant son propre vécu ou les périples de ses ancêtres.

D’autres auteurs ont aussi écrit après l’indépendance, parlant tabous ou liberté d’expression, tel Tahar DJAOUT, Rachid MIMOUNI… une liberté occultée dans le contexte de « guerre civile », justifiant peut-être le quasi-silence littéraire à cette époque ?

Au présent

Yasmina KHADRA, Kamel DAOUD, Maissa BEY, Kaouthar ADIMI, Boualem SANSAl restent parmi les derniers auteurs algériens, publiant fréquemment et constituant la littérature algérienne contemporaine. Ceci dit, ces auteurs dont on savoure les œuvres, sont des auteurs majoritairement intergénérationnels : la crise littéraire en Algérie est donc bien présente, le jeune algérien du XXI e siècle n’écrit plus, et ne lit même plus.

La dite fraiche histoire, qu’il vit avec passion, l’en empêche-t-elle vraiment de lire ?

Le jeune algérien n’est-il pas aussi curieux que ses ancêtres ?

N’a-t-il pas donc des choses à dire, à écrire ?

Ne veut-il pas s’exprimer ?

Se pose-t-il ces questions : Ecrire ? Pourquoi, et sur quoi ? Que traiter ? Ecrire l’histoire ou laisser l’histoire nous écrire ? Ecrire, écrire, écrire… Mais qu’écrire ? Lire mais quoi lire ? Lire le passé ou écrire le présent ? Écrire le passé et vivre le présent ? Dilemme littéraire .Impasse générationnelle .Débat infini .Intérêt donc perdu?

Devrait-il peut être se les poser, car chaque question a une réponse, et de la réponse réécrira et relira le jeune, ainsi cet article ayant conjugué la littérature algérienne au passé et au présent, aura peut-être une suite un jour, où elle y sera conjuguée au futur…

Manel HALLI

(Partenariat « LIBERTÉ-Digital » https://www.liberte-algerie.com/ « Charrette-club »)

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