Exclues du document de travail destiné à servir de modèle de débat pour la révision du secteur de la santé, les trois syndicats ont décidé de ne pas participer aux réunions dont les jeux semblent déjà résolus.

Trois syndicats autonomes de santé publique – celui des agents de santé, les chercheurs hospitalo-universitaires d’enseignement et le Syndicat national des paramédics – ont décidé de boycotter l’Assis de la santé qui s’ouvre aujourd’hui à Alger, ont-ils indiqué dans un communiqué de presse rendu public jeudi soir. . « Les syndicats de santé se sont étonnés de ne recevoir aucune convocation officielle à la veille des réunions nationales pour la relance de la filière », lit-on dans un communiqué diffusé jeudi soir, rappelant avoir participé aux réunions locales et régionales qui ont précédé cet événement.

« Quand on invite une partie sociale à participer, c’est pour participer activement aux travaux des assises et non pour cautionner le travail qui a été fait par d’autres », dénonce Lyès Merabet, président du Syndicat national des opérateurs de santé publique (SNPSP). ), soulignant que ces assises ne sont pas l’apanage du seul ministère de tutelle, mais une matière qui relève de la gestion multisectorielle. « Nous sommes sous-représentés », se plaint ce responsable syndical, précisant que le ministère a une participation limitée à seulement trois membres pour chaque structure syndicale. Lyès Merabet s’interroge également sur les enjeux qui feront l’objet de débats lors de ces Assemblées qui, selon lui, ont été imposées et n’ont pas fait l’objet de consultations.

« Nous refusons d’être confinés, étant donné que pour les huit ateliers mis en place, le ministère de la Santé, en tant qu’administration centrale, a désigné unilatéralement les présidents de séance, les animateurs et a fait le choix des thèmes ». « Cela donne l’impression que nous avons été invités à signer un fait accompli et des recommandations déjà préparées, que nous rejetons », ajoute, avec une pointe de déception, M. Merabet qui estime qu’il s’agit d’un manque de considération, à tous les niveaux, envers le syndicat qu’il préside. Union qui n’a pas été informée à temps et de manière officielle du déroulement de ces Assemblées, déjà prévues les 23 et 24 décembre 2021 puis reportées aux 8 et 9 janvier 2022.

De son côté, Ghachi Lounès, secrétaire général de l’Union nationale paramédicale, estime, en sa qualité de partenaire social du secteur et partie prenante, que le boycott de son syndicat est motivé par la non prise en compte des protections qui ne les associent pas. avec la préparation de ces réunions. . « Nous ne soutenons pas une démarche qui nous exclut dès le départ », fustige ce responsable, qui exprime son total désaccord avec l’organisation de ces Assemblées qui, selon lui, sont loin de résoudre les problèmes du système de santé en Algérie et non proposer une véritable réforme de ce système. « Il faudrait plutôt régler les problèmes ouverts sur le terrain, avant d’aller à l’assemblée », souligne Ghachi, mettant la question de la gestion du secteur sur la table.

Ces fondations sont appelées à travailler sur le financement du système de santé, la gestion, les ressources humaines et leur développement, la formation et la recherche, le statut des professionnels de santé, le rôle du secteur privé dans le système de santé, en lieu et place d’une nouvelle carte. la loi santé de 2018 adoptée il y a quatre ans. Malheureusement, son application reste soumise à des décrets d’application qui n’ont pas été mis en œuvre à ce jour, a déclaré M. Mérabet.

Aziz Boucebha

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