Année économique 2021

Le pouvoir d’achat des ménages algériens a fortement baissé en 2021. Ni l’augmentation du SMIC national garanti de 18.000 à 20.000 DA, ni l’exonération de l’impôt sur le revenu global (IRG) pour les salaires inférieurs à 30.000 DA, dont bénéficient environ 6,5 millions de citoyens, ils n’ont fait qu’atténuer le choc de la flambée des prix à la consommation.

L’année qui s’achève aura en effet été la plus difficile pour les bourses moyennes et les familles à faible revenu. Le lait, les légumes, les fruits, les viandes blanches et rouges, les pâtes et bien d’autres produits en dehors du chapitre alimentaire ont vu leurs prix augmenter en 2021. Dans de nombreux cas, les révisions à la hausse ne sont pas justifiées. Des citoyens confrontés à une spirale inflationniste sans fin. Le taux d’inflation rendu public le 21 décembre par le gouverneur de la Banque d’Algérie le montre bien. L’inflation a atteint 9,2% fin octobre. C’est le taux le plus élevé après 2012 qui était de 8,9% (pour l’ensemble de l’année) alors que la loi de finances pour 2021 tablait sur 4,5% pour supprimer le double. Ce qui risque d’être dépassé pour l’ensemble de 2021. Les spécialistes n’excluent pas une inflation à deux chiffres.

Cette évolution reflète la forte hausse des prix des denrées alimentaires, qui sont passés de 1,8% en octobre 2020 à 14,4% en octobre 2021. Les prix des seuls produits agricoles frais ont augmenté de 16,5% en octobre 2021 contre 1,9% le même mois du passé. an. Dans le même temps, les prix des produits manufacturés et importés ont continué d’augmenter, atteignant des sommets. Pour les produits manufacturés, le taux d’inflation a dépassé 6% (6,2%) fin octobre, tandis que les prix des services ont pour leur part évolué de 2,3% en octobre 2021 contre 0,7%. La dépréciation prolongée du taux de change n’a fait qu’accélérer le rythme des hausses de prix.

Cela signifie que les prix élevés qui ont commencé au début du deuxième trimestre 2021 ont fini par se stabiliser avec la stagnation des salaires, mettant à rude épreuve le pouvoir d’achat des Algériens. En plus de cette augmentation, l’année a été caractérisée par des interruptions dans la distribution de certains produits. Il existe en effet de fortes souches sur l’huile alimentaire, le lait et les pommes de terre. Autant d’exemples qui illustrent les limites du système de régulation des produits de consommation (Syrpalac) et le contrôle des spéculateurs.

Reste à savoir si la baisse de l’Irg, la révision du barème de cet impôt selon les catégories de salaires et la hausse du point d’indice auront un impact sur le revenu des ménages et leur budget.

Les experts sont sceptiques à ce sujet, prédisant des augmentations significatives entre 600 et 800 après JC. Cela ne pouvait donc pas compenser la forte baisse du pouvoir d’achat.

La situation s’annonce plus difficile à gérer au moment où démarre le processus de révision du système de subventions tel que décidé dans la loi de finances pour 2022.


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