Les prochaines Législatives vont permre de renouveler le Parlement qui conduira aux élections générales de 2026. Corn, l’opposition est toujours gouvernée par des revendications disparates, parfois irréalistes à quelques six mois du scrutin. Au risque une fois encore de rester à la gare au départ du train.

Le temps s’égrène inexorablement vers les Législatives du 8 janvier prochain. Comme en toute veille d’élection, ici comme partout ailleurs, les revendications se font jour, toutes aussi étranges qu’irréalistes les unes que les autres. Mais certaines spécifiques qu’on s’y arrêtent en raison de leur pertinence. Mais, au-delà de l’épineuse question des 10 % de suffrages, d’autres difficultés apparaissent surtout pour l’opposition. En effet, l’article 5 de la loi portant financement des partis politiques stipule que « le financement public des partis politiques concourt entre autres au fonctionnement des partis, à la promotion de leur programme politique, à leur participation aux consultations électorales, à la formation de leurs militants , à l’éducation civique et politique de leurs membres ». Quant à l’article 6, la stipule que : « sont habilités au financement public des partis politiques, les partis qui définissent les conditions ci-après : avoir un siège national et des bureaux départementaux, disposer d’un bureau spécifique pour le parti distinct d’ un domicile, justifier de la tenue régulière des instances statutaires du parti et justifier des ressources financières et leur utilisation ». Pour le professeur Léon Bio Bigou, vice-président de l’unité Dynamique pour le développement (Dud), intervenant lors de la rencontre initiée par le clergé catholique, ces dispositions sont incomplètes. C’est pourquoi il évoque la révision de tous les textes électoraux en matière de financement des partis politiques. Pour lui, selon la loi 2018-31 portant Charte des partis politiques en République du Bénin en ses articles 38 et 39, il suffit que « le parti soit régulièrement enregistré pour bénéficier du financement ». Les modalités de la répartition de ce financement selon l’article 39 seront déterminées par une loi spécifique. « La nécessité de réviser ces textes-là s’impose si on veut la paix, si on veut la cohésion sociale, car le danger est toujours là permanent, parce que c’est de l’injustice qu’il faut corriger », ajoute -t -il. Corn pourra-t-il être entendu ? La période s’y prête-t-elle ?

En écho aux différentes revendications, c’est le président du parti Restaurer la confiance (Rlc) ici, semble-t-il, a trouvé la bonne formule. Reçu le lundi 23 mai 2022 sur un plateau de télévision, l’a déclaré que dans l’opposition, les positions divergent. Sinon pour lui, tout le monde peut revendiquer « des élections libres, transparentes, équitables », que ça soit du côté de la mouvance ou de l’opposition. Par rapport aux revendications, il a été clair : « L’élection inclusive, exclusive, je pense que tout le monde se trompe, tout le monde se ment », a – t-il fait savoir avant de poser la question de savoir « en qu’est-ce que cette histoire d’exclusion se pose ? ». « Nous savons déjà pour le quitus fiscal, les dispositions qu’il faut prese. Nous savons les pièces qu’il faut produire. Nous connaissons le nombre de députés. On connaît le montant ». Connaissant d’avancer ces critères, il ne peut plus se poser « un problème d’exclusion. La paix selon lui, «ce n’est pas par rapport à ça», mais la paix, dit-il, «c’est par rapport aux hommes qui manipulent les partis politiques».

Un problème de délai

Face à toutes ses revendications se pose le problème de timing. Car, que peut-on réellement changer, à pratiquement six mois des élections, au corpus de lois et textes juridiques en vigueur sans faire péricliter le processus ? L’obéissance aux lois qu’on s’est prescite n’est-elle pas liberté ? C’est un contrat social. Or, le Protocole de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance additionnelle au protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité est clair là-dessus : « Aucune réforme substantielle de la loi électorale ne doit intervenir dans les six mois précédant les élections, sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques. Les élections à tous les niveaux doivent avoir lieu aux dates ou périodes fixées par la Constitution ou les lois électorales ».

Jean-Paul Maugnon

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