Il est l’un des politologues les plus prolifiques du moment. Entre interviews, commentaires et réflexions scientifiques, il ne manque jamais une occasion de dire ce qu’il pense de la gouvernance de Talon.
Malgré les critiques qu’il reçoit – dont celle du député Rachidi Gbadamassi, qu’il juge bas et vide – Richard Boni Ouorou continue d’allumer la lanterne de ses compatriotes.

Dans une interview qui nous est donnée depuis sa résidence de la banlieue de Lomé, il revient sur le gouvernement Talon, sur les points de divergence entre lui et ce régime dont certains acteurs sont nébuleux.

« Tout m’oppose à Patrice Talon. C’est un ultralibéral qui voit l’homme sous sa forme la plus avilissante. Je suis un progressiste de gauche. Je place l’humain au centre de tout projet de développement. Je ne peux pas m’associer à quelqu’un qui méprise les êtres humains autant que leur peuple, qui ne considère pas leurs propres populations et les maltraite. Par conséquent, je ne peux pas travailler avec lui. Je suis idéologiquement et aussi moralement opposé à Patrice Talon », répond Richard Boni Ouorou lorsqu’on lui demande s’il est proche du pouvoir de Talon. Dans un passé récent certains de ses propos avaient semblé plus conciliants et plus tendres envers le locataire du Marina Palace, mais ce n’enlève rien à son jugement sur le régime. Cependant, les critiques qui accablent le politologue viennent aussi de certaines personnalités politiques de l’opposition. Pourquoi cela ? La raison qu’il donne est la suivante. opposition . L’opposition béninoise n’a que le pouvoir en ligne de mire. Les opposants sont comme ceux qui sont au pouvoir. Ils ne veulent le pouvoir que pour le gérer pour leur ego personnel. Ils ne sont pas dans cette catégorie. Je veux m’imposer dans le débat avec mes arguments Si j’étais un jeune sans moyens et sans arguments, je ferais office de repoussoir et ils pourront m’utiliser comme ils veulent en me faisant dire ce qu’ils veulent.

Les Béninois veulent savoir qui est Olivier Boko

En analysant le fonctionnement du régime Talon, M. Ouorou en vient à déceler une structure digne de la mafia ou des organisations secrètes qui pullulent sur le vieux continent. Selon lui, le système étatique du Bénin est dirigé par le triumvirat Talon-Boko-Dagnon. C’est un système pyramidal supplanté par le chef de l’Etat qui a deux personnes à ses côtés : Olivier Boko et Johannès Dagnon. Le premier n’a pas de rôle officiel, sinon un tout « petit » rôle de représentant jamais officiel. Pourtant, il accumule un tas de prérogatives dans l’appareil informel du pouvoir et passe même, pour de nombreux connaisseurs de la galaxie Talon, comme le numéro deux du régime. Vice-président, premier conseiller, représentant personnel du chef de l’État dans les holdings de diverses entreprises, coordinateur du pool politique de gouvernance Talon, bailleur des activités et projets informels du régime, occupe une place importante dans l’architecture organisationnelle de l’État qui inquiète la politique scientifique. « Je dis à voix haute ce que tout le monde dit à voix basse dans le pays. Je parle d’Olivier Boko.
Tout le monde pense que c’est dans des sous-secteurs insoupçonnés. De nombreux rôles lui sont assignés. Certains disent même vulgairement qu’il est le vice-président. Les rumeurs les plus folles disent qu’il dirige le pays à la place du président Talon. Il appartient au gouvernement de démentir ses propos par respect pour l’opinion publique en apportant la preuve qu’il ne participe pas aux actions du gouvernement. Les Béninois veulent-ils savoir quel est le vrai rôle d’Olivier Boko ?

Quelle est son influence sur la personne qu’ils ont élue ? Talon parle de transparence, il doit le démontrer en clarifiant le rôle et la responsabilité de ce monsieur. Si vous êtes en charge d’une mission ou d’un conseiller, merci de nous indiquer les conseils que vous donnez, que nous vous expliquions les missions dont vous avez la charge. Qu’il précise lui-même sa proximité avec le pouvoir, nous dise qu’il ne joue pas un rôle nébuleux ou qu’il n’est pas une figure opaque responsable des missions opaques et dangereuses du régime. Les Béninois veulent vraiment savoir », dénonce Richard Boni Ouorou. Et il ajoute : « Quant à Johannès Dagnon, on sait qu’il a un rôle officiel mais on veut en savoir plus. Quelles sont les implications de ce rôle dont vous entendez beaucoup parler. Au Bénin on a l’impression d’être dans un État policier dirigé par un néo-patrimonialiste, un État dans lequel toutes les conquêtes sont sacrifiées au profit du triumvirat ».

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