Un rapport sur la protection sociale et les droits à la santé au Bénin est désormais disponible. Il a été publié le 24 novembre 2021 par trois organisations : Human Dignity, Human Rights Priorities et Patient-Friendly Health Care Workers Network. Ci-dessous, le communiqué rendu public à cet effet.

Communiqué de presse conjoint

La dignité humaine, les priorités en matière de droits humains et un réseau de soignants respectueux des patients ont publié un rapport sur la protection sociale et les droits à la santé au Bénin le 24 novembre 2021.

Ce rapport présente les résultats d’une mission de nos organisations à Cotonou, au Bénin, en août 2021 pour évaluer la mise en œuvre des recommandations adoptées par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels en mars 2020 sur les droits à la santé et à la protection sociale.

Nous nous félicitons de la généralisation de l’assurance maladie pour les plus défavorisés. La mise en place par le Bénin du Système d’assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) et son lancement en juillet 2019 met effectivement en œuvre certains aspects du droit à la protection sociale. Arch, qui cible spécifiquement le secteur informel et les populations les plus pauvres, représente une avancée notable dans un pays où le secteur informel représentait 94,3% en 2019 (les femmes représentent 63,6% des emplois informels) et où moins de 10% de la population active avait une assurance maladie avant 2019.

Cependant, nos organisations demandent au Bénin de préciser le contenu exact du panier d’assistance qui sera effectivement pris en charge pour les plus démunis. De même, nous invitons l’Etat à définir la procédure pour permettre aux non-extrêmes pauvres de bénéficier de l’assurance maladie par l’intermédiaire de l’Arche, en précisant le montant de la contribution à la charge des non-extrêmes pauvres.

Il est impératif que ces progrès s’accompagnent d’avancées significatives en matière de santé et notamment de santé maternelle. Nos organisations déplorent entre autres la persistance des violences obstétricales et gynécologiques et le manque de ressources matérielles et humaines dans les établissements de santé. Nous appelons le Bénin à prévenir et punir ces violences et à doter les structures de santé du matériel et des outils pour humaniser les soins prénatals et l’accouchement.

Enfin, nous attirons l’attention du Bénin sur l’urgence de mettre fin à la détention des femmes enceintes et/ou des femmes nouveau-nées dans les centres de santé et les hôpitaux pour non-paiement des dépenses, situation jugée inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle le 28 janvier 2021.

Cotonou, Paris, 24 novembre 2021

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