Conformément aux dispositions du titre II de la loi n. 2019-43 du 15 novembre 2019 portant code électoral en République du Bénin, la liste électorale informatisée (Lei) sera désormais le fichier sur la base duquel la liste électorale du Bénin sera établie. Lors de la réunion du mercredi 23 novembre 2021, le gouvernement a approuvé le plan d’élaboration de cette liste, qui doit être mise à la disposition de la Commission électorale nationale autonome (Céna) en janvier 2023.

C’est un secret de Pulcinella. La liste électorale permanente informatisée (Lépi) n’est pas opérationnelle depuis la dernière élection présidentielle. Il aura même fallu la gymnastique juridique de la Cour constitutionnelle pour conférer une validité exceptionnelle à cette liste pour le scrutin présidentiel du 11 avril 2021. Cette élection célébrait donc le requiem du Lépi, dont la préparation et la mise à jour à la veille de chaque élection, donnaient éveiller les soupçons. et la discorde entre les acteurs politiques. Elle cède désormais la place à la liste électorale informatisée, dont la rédaction semble beaucoup plus technique. Pour ses défenseurs, cette liste, qui sera extraite du fichier national issu du recensement administratif pour l’identification des personnes physiques (Ravip) ​​et le traitement automatisé des informations nominatives, personnelles et biométriques obtenues sur tout le territoire national et au-delà de l’étranger , dans les ambassades de la République du Bénin, donnera plus de crédibilité aux élections en ce qui concerne la fiabilité des bases de données qui serviront de substrat. Les élections législatives de 2023 seront le premier test grandeur nature sur cette liste qui marque une nouvelle ère pour les élections au Bénin. Cependant, certains acteurs politiques restent prudents. Le premier est le leader de l’opposition, Paul Hounkpè, qui a déjà annoncé les couleurs demandant l’implication de l’opposition dans le processus de développement qui vient de démarrer. Sera-t-il entendu ? Attend et regarde.

Gabin Goubiyi

Paul Hounkpè demande l’implication de l’opposition

Le chef de l’opposition, Paul Hounkpè, apprécie l’approbation par le Conseil des ministres en séance du mercredi 24 novembre 2021, de la rédaction de la liste électorale électronique (Lei) pour les prochaines élections. Cela a été annoncé hier, jeudi 25 novembre 2021, à Cotonou, lors de la séance de travail avec le président du Grand Parti républicain de solidarité (GSR), Antoine Guédou. Il estime qu’il est important que les partis d’opposition soient impliqués dans le processus pour éviter les soupçons et une organisation réussie des élections. « Il est déjà heureux et très louable que le Conseil des ministres, sous la houlette du chef de l’Etat, envisage la mise en place de la Léi pour les prochaines élections. C’est une très bonne chose. Ce qu’il faut préciser, c’est qu’il n’appartient pas au pouvoir de faire les listes électorales. Les autorités donnent à l’organe chargé d’organiser les élections les moyens de prendre à son tour les mesures nécessaires en intégrant les partis politiques pour une bonne organisation des élections. Ceci., Pour éviter tout problème », a déclaré le chef de l’opposition.

Léonce Adjévi

Antoine Guédou, président du Parti Grande Solidarité Républicaine : « Il est impératif d’intégrer les partis… »

C’est une bonne nouvelle de savoir que le gouvernement a approuvé la création du Lei depuis que le Lei a expiré. Il faut bien organiser les élections. Cependant, il est regrettable que le gouvernement joue avec les enjeux électoraux et s’en aille tranquillement en s’accordant des libertés incompréhensibles. Nous le savions tous et depuis lors, Lepi n’est plus d’actualité. Pourtant, le gouvernement prend son temps pour enfin nous dire qu’il faut respecter les délais constitutionnels des élections et organiser la course pour en profiter. L’Exécutif, sinon de mauvaise foi, nous dira-t-il aujourd’hui qu’il ne mesure pas la complexité des opérations qui conduisent à l’établissement d’une liste électorale et la prudence que cela recommande à chaque groupe de participants aux élections, notamment politiques des soirées? Le Registre national des personnes physiques est de la responsabilité de l’Exécutif et la liste électorale est celle des partis politiques, l’Exécutif n’étant que l’arbitre. Il est essentiel de les intégrer pour la clarté de l’opération au service de la paix. Face au retard qui nous reste, il faut craindre qu’il y ait encore une démonstration de force, un nouveau compromis de paix. Je suis inquiet. Prenons rendez-vous devant la communauté nationale et internationale ».

Interview de G ; G.

Eugène Azatassou, vice-président de « Les Démocrates » : « Manquer le Lei, c’est perdre le processus électoral »

« La liste électorale informatisée sera établie sur la base du Code électoral qui a été adopté en 2019 et qui a servi de base à toutes les élections exclusives que nous avons eues. Il va sans dire que les choses commencent mal pour cette liste. Tout ce que je peux demander, c’est que nous nous asseyions pour revoir notre coexistence et un certain nombre de lois dans un dialogue inclusif qui nécessite un certain nombre d’étapes pour alléger le climat socio-politique dans notre pays. Ce serait une bonne condition préalable à l’établissement d’une bonne liste électorale informatisée. L’Anip, qui doit déposer la liste en janvier 2023, fonctionne en vertu de la loi (Code électoral). Cependant, c’est cette loi qui est mon problème. La liste électorale est le début du processus électoral. C’est un bon conseil pour ledit processus. Si nous le perdons, c’est parce que nous avons perdu le processus électoral. Je ne peux que répéter tout ce que nous avons dit dans le passé, à savoir : nous devons créer un certain nombre de conditions et nous asseoir et revoir les lois ensemble pour créer la confiance et faire la différence. .

Propos recueillis par Serge Adanlao

Gérard Gbénonchi, député Up : « L’Anip est techniquement outillée pour mener à bien cette opération »

« La loi 2010-33 du 7 janvier 2010 instituant la liste électorale permanente informatisée (Lépi) a donné au Lépi une validité de 10 ans. En théorie, le 7 janvier, les cartes électorales Lépi devraient expirer. Mais par décision de la Cour constitutionnelle, ces cartes ont été autorisées à être utilisées lors des élections présidentielles d’avril 2021. Après ces élections, lesdites cartes sont mortes. Quelle sera la prochaine étape ? Y a-t-il un vide juridique ? Non ! La loi a tout prévu. Ainsi, dans la loi 2019-43 portant code électoral en son article 6, il est prévu que désormais les élections se déroulent sur la base de la liste électorale informatisée (Lei). Le livre II de cette loi définit ce qu’est le Lei et comment il est fabriqué. La Liste électorale électronique selon le Code électoral est la liste exhaustive extraite du Registre national des personnes physiques béninoises issu du Ravip. L’organe technique chargé de créer le Ravip est en fait l’Anip qui établit le registre national. C’est donc cet organisme qui sera chargé d’extraire le Lei du registre national. La liste électorale n’est rien de plus que l’extraction des électeurs qui auront 18 ans le jour du scrutin. Il s’agit de les extraire du registre national et de les rattacher aux bureaux de vote à raison de 500 électeurs par siège. C’est donc ce qui sera fait. L’Anip est techniquement équipé pour cela. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter.

En tant qu’acteur politique, je ne crains pas que nous ayons maintenant une base de données fiable qui est Ravip et ce dernier, nous avons le registre national de tous les béninois et de tous les étrangers. Mais comme seuls les Béninois ont le droit de vote, c’est à partir du registre des citoyens que l’Anip va extraire la liste électorale informatisée selon les critères que j’ai énumérés ci-dessus, à savoir : avoir dans cette base de données les électeurs qui auront 18 ans vieux le jour des prochaines élections législatives.

Ceux-ci seront géographiquement liés aux bureaux de vote en fonction de leur inscription dans la base de données. Techniquement, tout existe dans la base de données pour que l’Anip puisse extraire le Lei ».

Chantal Ahyi, adjointe Fr en 16ns Quartier:

« Nous aurons une liste électorale informatisée très technique… »

« Je pense qu’à partir de 2022 nous aurons une liste électorale informatisée résultant totalement de la conjonction de la base de données transmise par le Formica et de celle générée par le Ravip. Le Ravip qui, ne l’oublions pas, aura inscrit tous les béninois. Il s’agit d’un système autogéré qui génère des données actualisées sur les naissances et les décès dans notre pays. Les futurs processus électoraux ne seront affectés par aucune controverse concernant la fiabilité et la transparence de la liste électorale informatisée issue de la synthèse des données Ant et Rarip. Des cadres hautement qualifiés et bien organisés sont engagés dans la tâche avec des technologies de pointe pour assurer une fiabilité sûre.

Quant à l’implication des partis politiques, elle me parait suffisamment simplifiée, d’autant plus que l’organe de tutelle qu’était Cos-Lépi a disparu et part donc avec la nécessaire tutelle politique qui était si importante. A l’avenir nous aurons une liste électorale informatisée très technique qui prendra en compte tous les citoyens béninois dûment inscrits et majeurs. Je profite de l’occasion qui m’est offerte pour adresser une invitation à la sérénité à tous les béninois. La liste électorale informatisée est fiable et conduira donc à un processus électoral totalement transparent. En dehors des considérations partisanes avec lesquelles nous avons toujours truqué le processus de mise à jour de la liste électorale ».

Interview par S.A Et Gabin Goubiyi

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