Le président français a réagi, mardi 25 janvier 2022, à la situation au Burkina Faso au micro de RFI. Une déclaration qui intervient au lendemain du putsch de Ouagadougou où des militaires ont annoncé avoir mis fin aux fonctions du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré.

RFI : Quelle est votre réaction après les événements de ce lundi au Burkina Faso ?

Emmanuel Macron : La France, comme vous le savez, est présente dans la région pour lutter contre le terrorisme. Et je suis constamment engagé aux côtés des collectivités territoriales. La CEDEAO a condamné hier ce nouveau coup d’Etat militaire. Et puisque le président Kaboré a été démocratiquement élu deux fois par son peuple, la France soutient la position de la CEDEAO. Notre priorité est évidemment que son intégrité physique soit avant tout préservée et qu’il puisse garder son calme. Il est aujourd’hui trop tôt pour entrer plus en détail, si l’on peut dire, dans la caractérisation de la situation au Burkina Faso. Et force est de constater que cette situation reste préoccupante compte tenu de ce qui s’est passé depuis l’été 2020 au Mali, de ce qui s’est passé ces derniers mois en Guinée. Et je pense que la région a besoin d’être accompagnée dans sa volonté de maintenir des transitions civiles et des élections démocratiques.

Par ailleurs, je voudrais souligner ici que notre priorité dans la région est évidemment de continuer à lutter contre le terrorisme islamiste, qui continue de ravager le Mali, mais aussi le Burkina Faso, qui a été la cible de nombreux attentats terroristes ces dernières fois. Par ailleurs, si l’on regarde les revendications et les motivations des putschistes, force est de constater que la situation sécuritaire et les coups portés tant à l’armée qu’à la population civile par ces groupes terroristes sont déterminants dans cette rébellion. Donc notre volonté est d’une part en lien étroit avec la CEDEAO, mais tous les Etats parties prenantes, ce qu’on a appelé l’Initiative d’Accra, de combattre toutes les formes de terrorisme dans la région, et d’être aux côtés des Etats et des populations.

Craignez-vous qu’il y ait d’autres pays qui subissent ce qu’on appelle des coups d’État populaires ?
Il ne faut pas sous-estimer la fatigue et l’épuisement créés par les attentats permanents des groupes terroristes qui d’une part affaiblissent les forces armées et qui fragilisent aussi profondément le lien avec la population et les institutions légitimes. Donc aussi pour cette raison, si nous voulons lutter pour l’éducation, l’émancipation économique, la stabilité dans ces pays démocratiquement élus et pour la souveraineté des États, il est important de continuer à intensifier la lutte contre le terrorisme.

Quant au président Kaboré, avez-vous des informations sur sa situation ?
Je n’ai pas plus d’informations que celles soumises. Hier soir, il m’a été confirmé qu’il était en bonne santé et qu’il n’avait pas été menacé. J’espère que c’est bien ce qui sera officiellement garanti dans les prochaines heures et que nous nous assurons collectivement que lui et sa famille sont en sécurité.

SOURCE : RFI

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