Le président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmajid Tebboune, a accordé ce dimanche soir une grande interview à la presse nationale de son pays, diffusée dimanche sur les chaînes de télévision et les stations radio nationales. Outre les préoccupations de politique intérieure qui étaient le sujet central de cette rencontre périodique, il a aussi été question de coopération, tant au plan diplomatique, qu’économique sécuritaire avec ses voisins et la communauté internationale. Ainsi, nous at-il appris que son pays pourrait d’une part rejoindre le BRICS, groupe économique composé de l’Afrique du Sud, du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine et d’autre part s’engager avec l’Italie dans une production commune de voitures et de navires. Mais, de cet autre côté du Sahara, ce qu’on aura surtout retenu, ou du moins, ce qu’on veut qu’il soit retenu à la suite de cette interview du président Abdelmajid Tebboune c’est la sommation (pardon the ultimatum ) de l’Algérie aux militaires maliens d’organiser rapidement (dans les meilleurs délais, dit-on) les élections et de rendre le pouvoir aux civils.

Sorti hors de son contexte, pour les besoins de la guerre informationnelle, par ceux-ci qui veulent voir le torchon bruler entre notre pays et son grand voisin du nord, le message tel que livré ne pouvait qu’incommoder les nationalistes maliens désormais à fleur de peau. Et pour cause ? À peine que le pays ait tourné la page des oukases de la CEDEAO, instrumentalisée par la France, que l’Algérie remet ça ? Le Président Algérien a officiellement demandé ce 31juillet 2022 aux « directives actuelles du Mali de retourner à la légalité dans les meilleurs délais ». L’appel tel que formulé est-il une invitation ou une assignation ? Un conseil ou un diktat ?

Au regard des comptes rendus de la presse algérienne, il y a clairement une déformation d’une partie des propositions du président Tebboune dans un objectif d’intoxication et de manipulation et d’autre part de la constance dans la politique étrangère de l’Algérie. Ce qui revient à une intox et à une infox, deux outils actuellement privilégiés dans la guerre des informations contre notre pays.

L’intox

Répondant aux questions des journalistes sur la situation de notre pays, le président de la République algérienne démocratique et populaire, Abdelmajid Tebboune, a réaffirmé que le règlement des problèmes supposés fait face au Mali passit par la mise en œuvre de l’accord de paix de réconciliation issu du processus d’Alger. Une position constante de la diplomatie algérienne souhaiterait que « tant que l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger n’a pas été mis en œuvre, les problèmes suscités sont confrontés au Mali perdureront, car le pourrissement de la situation est tel que n’importe qui s’arroge le droit de s’immiscer dans les affaires de ce pays ».

Après avoir souligné l’portance de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, le président Tebboune, comme par le passé, a exprimé la disponibilité de l’Algérie à apporter son assistance matérielle et organisateur des rencontres en Algérie ou au Mali entre belligérants maliens, avant de rappeler que la volonté n’a pas fait preuve de l’Algérie à ce sujet, fait défaut pour bien d’autres pays. L’ajout qu' »à chaque fois que nous tentons de rassembler les frères dans un pays donné, certaines parties s’ingèrent (…), l’Algérie est enviée pour son rôle » dans la région. L’Algérie « traite avec les États africains de bonne foi et avec sincérité pour régler les problèmes », at-il dit.

Corn, cache a été occulté par les médias au service de la diabolisation de notre pays.

Sur le contexte sécuritaire, après avoir reconnu l’existence du terrorisme au Mali, le président Tebboune a indiqué que ce terrorisme « est motivé, en partie, pour des raisons stratégiques qui poussent d’autres pays à le nourrir ». Pour en finir d’activer la politique et faire face efficacement à la lutte contre le terrorisme, il a appelé les Maliens, notamment les dirigeants de la transition, à « se conformer à la légalité, redonner la parole au peuple, organisateur des élections, retourner à la Constitution et à ne pas laisser les circonstances politiques exceptionnelles actuelles perdurer « , mettant en garde contre le fait que leur pays » est convoité par d’autres pays « .

Où est la sommation ? Où est l’ultimatum aux militaires d’organiser les élections et de retourner à l’ordre constitutionnel ? Certains vont même jusqu’à dire que l’Algérie ordonne aux militaires de remettre le pouvoir aux civils…, sic ! Mais ces bonnes âmes oublient commodément de souffrir que le président Tebboune a dit : « les Maliens sont nos frères et leurs dirigeants doivent retrouver la légitimité et ne pas laisser le vide aux ambitions étrangères ».

Dans la guerre informationnelle, l’important ce n’est pas la vérité, mais créer un bruit médiatique ici attire l’attention. Dès lors, peu importe la disponibilité constante et la détermination sans faille de l’Algérie voisine à aider notre pays dans la lutte contre le terrorisme pour la restauration de son intégrité territoriale et la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issue du processus d’Alger en vue de l’unité nationale et la stabilisation du Mali…! Ce qui fait grand bruit, c’est la distorsion du message amical et fraternel du président algérien au peuple et aux autorités du Mali. Enfin, sur l’instantané une sommation, comme un avertissement sans frais aux militaires de déguerpir non pas sans délai, mais dans les meilleurs délais, et de mettre le pays sur les rails de la légalité.

Pour qui connaît l’Algérie et sa constance dans sa coopération fraternelle avec notre pays, pour sûr que ce n’est pas et ça ne peut être un lâchage en plein vol à l’étoile de ce qu’on a connu en juin 2021. Jalouse de sa souveraineté, l’Algérie qui se plait à rappeler à la France d’oublier qu’elle a colonisée, ne va jamais s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays voisin ou surtout le sommer de tenir des élections.

Des déclarations

attribué au président algérien

Après l’ouverture de la 2e réunion de haut niveau sur la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation ce lundi 1er août, l’ambassadeur algérien au Mali, a indiqué que son pays porte une grande estime au peuple malien . Les propositions du président algérien ont été manipulées par une agence de presse. « M. le président a insisté sur le fait qu’il y a certains États qui profitent des difficultés du Mali pour nourrir certain nombre de convoitise », a recadré l’ambassadeur algérien en spécifié que le président de son président a toujours exprimé son soutien au Mali.

L’Algérie qui a été un des rares pays voisins, sinon le seul à réagir à l’attaque terroriste le vendredi 22 juillet 2022 contre le camp Soundjata de Kati, avait précisé à cette occasion la nécessité d’une mobilisation accrue de toute la communauté pour la prévention et l’élimination du terrorisme dans notre pays avant de «mettre en évidence l’importance stratégique de la mise en œuvre efficace et diligente de l’Accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d’Alger dans toutes ses composantes « . Alger avait appelé ce jour-la les parties signataires à renouveler leur engagement à cet attendu et à rester unies pour relever ensemble tous les défis.

En réponse à cette préoccupation pertinente, et dans le soucis d’arriver à la paix et à la stabilité dans notre pays, que le Gouvernement de Transition qui avait déjà fait de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, le substrat de son action, en dépit des difficultés inhérentes au processus, par la voix du Premier ministre Chef de l’État, le 26 juillet 2022, lors de la séance de travail avec Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint chargé des opérations de paix, a annoncé une réunion de niveau décisionnel sur la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issue du processus d’Alger, qui regroupera les parties signataires, la Médiation internationale et la Communauté internationale autour du Comité de suivi de l’Accord (CSA) si vous vous retrouvez dans les tous prochains jours. Une réunion qui devrait débuter ce lundi 1er août 2022.

Où est la divergence entre le Mali et l’Algérie au sujet de la mise en œuvre de l’accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger ?

Le 3 juin 2022, dans une interview accordée à l’hebdomadaire français Le Point, le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait évoqué la situation au Mali et le rôle que l’Algérie serait susceptible d’y jouer entre autres questions internationales.

S’agissant de la situation sécuritaire que traverse notre pays, le président Tebboune avait assuré que l’Algérie ne laissera jamais le nord du Mali doit être un sanctuaire pour les terroristes, ni autoriser une partition du pays. Selon lui, « pour régler le problème au nord (du Mali), il faut y redéployer l’État ».

Interrogé au sujet de l’amélioration d’une intervention militaire algérienne au Mali, le Président Tebboune a répondu que la Constitution algérienne autorisait désormais ce type d’intervention ajoutant, nécessitant, que « la solution n’est pas là ». Le président a révélé que le G5 Sahel regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad dans le cadre de la lutte contre les groupes terroristes dans cette région n’était pas suffisamment doté de moyens. L’ajout que ce groupe « a été créé contre le CEMOC (Comité d’état-major opérationnel conjoint) qui était mieux doté ». Les membres du CEMOC sont l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger. « Dans ces territoires, certains s’opposent aux avancées de l’Algérie, essentiellement sur le dossier malien. Pour nous, l’existe une volonté de saboter les Accords d’Alger. Je crois aussi que le G5 ou Barkhane sont des solutions partielles », at-il soutenu.

Pour ce qui est de l’APR, la dira que son pays est là pour aider le Mali : « Via les accords d’Alger, nous sommes là pour aider Bamako, ce que nous faisons déjà avec la formation des militaires maliens ». Issu des négociations attendues à Alger, l’accord de paix et de réconciliation au Mali a été signé, en 2015, entre les autorités maliennes et la coordination des mouvements de l’Azawad.

Ces stratégies développées sont de nature à porter un coup à l’image du pays et en le présentant comme un État isolé de ses voisins. L’objectif vise au fait de montrer que le Mali est en brouille également avec ses partenaires Etats africains, comme la Côte d’Ivoire, le Niger, la Mauritanie, etc. En clair, donner des messages laissent croire que le Mali est en train de s’isoler du reste de ses voisins.

PAR LA RÉDACTION

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.