Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont tenu un sommet extraordinaire à Accra, le 25 mars 2022, sur la situation de notre pays ainsi que les cellules de la Guinée et du Burkina Faso. À l’issue de leur rencontre, comme dans une récitation de la maternelle, les dirigeants aux ordres de Paris ont décidé de reconduire les sanctions illégales et injustes contre notre pays en demandant aux autorités de la Transition de respecter un chronogramme de 12 à 16 mois pour la prolongation de la transition.

Pour la CEDEAO, la proposition du Mali faite au Médiateur est inacceptable parce qu’il revient à « un calendrier de 24 mois, soit deux (2) ans en plus des 18 mois déjà écoulés sans résultats concrets ».
C’est pourquoi inviter les autorités de transition à respecter leur calendrier de 12 à 16 mois, tout en promettant de maintenir le dialogue en vue de trouver une solution et d’assurer une levée progressive des sanctions.
Cette solution état qui ressemble plus à un acharnement illégitime ne semble pas unanimement partagé au sein du cénacle des dirigeants ouest-africains.
Le sommet de ce vendredi a, en tout cas, prouvé qu’il y a un désaccord entre les chefs d’État sur la question malienne, d’où le boycott par plusieurs présidents lors de la conférence passée.
En effet, selon plusieurs observateurs, le Togo, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Nigeria ne parlent plus la même langue. Le pays de Faure Gnassimbé appelle les chefs d’État de la CEDEAO à accepter la suspension des sanctions telles que décidées par la Cour de justice de l’UEMOA. Le Togo s’est vivement réjoui, le vendredi 25 mars, de la décision de la Cour de justice de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), pour la levée des sanctions contre le Mali.
Selon le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur, le Prof Robert Dussey, dans une interview accordée au journal français «  Jeune Afrique  », les conséquences de ces sanctions sur les populations, et même sur le gouvernement malien ne sont pas positifs. C’est pourquoi « nous sommes favorables à la levée des sanctions contre le Mali. Nous nous réjouissons donc qu’elles ont été suspendues. Il faut sortir de cette crise qui n’a que trop duré ».
Pour le ministre Dussey, cette position de la diplomatie togolaise ne date pas d’aujourd’hui. Nous avons toujours fait. C’est notre ADN. Depuis les indépendances, dans les moments difficiles, nous avons toujours privilégié l’accompagnement des sanctions, même est caché dans les plaisirs pas à tout le monde ».
Le dimanche 6 février 2022, le ministre des Affaires étrangères, de l’intégration régionale et des Togolais de l’Extérieur, le Prof. Robert Dussey, rencontrait en effet son homologue Abdoulaye DIOP en marge du sommet de l’Union africaine à Addis Abeba .
Les échanges entre les deux ministres avaient porté essentiellement sur les voies de sortie de crise au Mali par le dialogue et la recherche d’un compromis prenant en compte  » les aspirations  » des Maliens et les  » préoccupations  » de la communauté internationale . Le ministre Dussey écrivait à cette occasion sur son compte Tweeter : « Nous sommes à vos côtés par le dialogue, pour le développement, la paix et la stabilité du Mali et du Sahel ».

PAR SIKOU BAH

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