Au début de la crise multidimensionnelle que connaissaient le Mali et certains pays voisins, l’insécurité régnait dans la partie septidentale de notre pays. Aujourd’hui, force est de constater que c’est la zone du Liptako-Gourma, appelée  » la zone des 3 frontières  », qui est devenue l’épicentre des actions terroristes dans la bande sahélo-saharienne. Le choix fait par les groupes terroristes de cet espace géographique pour en faire leurs sanctuaires n’est pas fortuit. Ainsi, pour les déloger, il est nécessaire que les forces armées maliennes et burkinabés conjuguent leurs efforts.

Le Liptako-Gourma est un espace géographique qui donne accès aux femmes à trois pays frontaliers que sont le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Une zone ici s’étend sur une superficie de 370 000 Km2 qui pullulent les groupes terroristes qui sont mus par le trafic d’armes, de drogue, d’êtres humains et autres marchandises interdites.
Dans cette zone, les frontières étant sur ne peuvent plus poreuses, les groupes terroristes ont la latitude pour perpétrer leurs forfaits dans les limites territoriales d’un des trois états pour ensuite se réfugier, sans anicroche, sur le territoire voisin.
Ce mode opératoire des groupes terroristes qui mènent une guerre asymétrique constitue un sérieux handicap pour les différentes forces nationales des pays du champ.
Dans leurs fuites, après avoir perpétré des attaques, les groupes terroristes arrivent à franchir allègrement les frontières. Malheureusement, les soldats loyalistes sont tenus au respect du principe de la non-violation du territoire d’autrui. À moins que les poursuivants des malfaiteurs soient détenteurs du droit de poursuite.
Pour cela, l’avis de reconnaissance que la lutte contre le terrorisme dans «  la zone des 3 frontières  » est une œuvre de longue durée qui en appellerait nécessairement à une conjugaison des forces nationales des pays du Sahel Central. Cette conjonction de forces s’impose, compte tenu de l’étendue de la zone.
Face à cette réalité du terrain, ce serait la quadrature du cercle qu’un pays sahélien parvienne, à lui seul, à pacifier un tel espace qui est incontestablement devenu le sanctuaire des groupes terroristes dont les principaux sont le GSIM et EIGS avec leurs ramifications respectives .
Les autorités de la transition ont fait du réarmement de l’armée nationale une priorité absolue. Et le résultat est palpable, car ces derniers mois, les Forces armées du Mali (FAMa) ont entrepris une extraordinaire montée en puissance.
Cette nouvelle posture des FAMA, deux surtout à un changement de paradigme (de la défensive à l’offensive), un permis de faire basculer la peur dans le camp ennemi.
C’est dire que la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne en général et particulièrement dans  » la zone des 3 frontières  » doit absolument être basée sur une stratégie militaire qui en appelle à une collaboration étroite entre les différentes forces loyalistes déployés dans la zone en question.
En ce qui concerne l’implantation des différents groupes terroristes dans le Liptako-Gourma, c’est la zone frontalière Mali-Niger qui est le sanctuaire de l’EIGS.
S’agissant du groupe terroriste dont les rêves sont tenus par Iyad Agali, à savoir le GSIM, son sanctuaire dans le Liptako-Gourma est la zone frontalière Mali-Burkina Faso.
Étant donné qu’il serait impossible qu’une quelconque armée des trois pays du Liptako-Gourma puisse, à elle seule, gagner la lutte contre le terrorisme dans le Sahel central, on devrait alors admettre que le Mali et le Burkina Faso gagneraient à conjuguer leurs efforts.
Certes, dans le cadre du G5-Sahel, des initiatives de ce genre existent, mais peine à engranger des résultats probants. Et les groupes terroristes continueront visiblement de profiter de cette faiblesse du niveau de coopération entre les deux armées.
En conjuguant davantage leurs efforts, et en coordonnant les actions, ces deux forces pourraient peut-être le contrôler à leur frontière commune et cela contribuerait à réduire la liberté de mouvement des groupes terroristes.
Bien évidemment que cette conjugaison des efforts passera nécessairement par des patrouilles communes, tant sur le territoire malien que sur celui burkinabè.
En tout cas les autorités administratives, militaires et politiques des deux pays se doivent de méditer sur les tenants et les aboutissants de cette politique de rapprochement entre leurs armées nationales. C’est une expérience qui mérite d’être tentée au lieu de compter sur autrui.

PAR MODIBO KONE

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