Depuis quelque mois maintenant, la lutte contre le terrorisme au Mali connaît un revirement de la situation. L’armée malienne a lancé une véritable offensive contre les forces du mal. Cette nouvelle posture des FAMA, de la défensive à l’offensive, a permis de faire basculer la peur dans le camp ennemi. Cela s’est soldé par la neutralisation de centaines de terroristes et le démantèlement de plusieurs de leurs bases. C’est dans ce contexte de montée en puissance de l’armée malienne que le Burkina voisin a sollicité auprès des autorités maliennes une coopération opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme. Pour ce faire, des émissaires du Président du Faso ont été reçus par le Président de la Transition, le Colonel Assimi GOITA.

C’est à l’initiative du Président de la transition du Burkina Faso, le Lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, une délégation d’officiers Burkinabè a séjourné à Bamako à la fin de la semaine.

Conduct par le Commandant des opérations du théâtre national, le Lieutenant-colonel Yves-Didier BAMOUNI, la délégation était porteuse d’un message du Chef de l’État à son homologue malien, le Président de la Transition, le Colonel Assimi GOÏTA.

Cette démarche s’explique par le fait que le Mali et le Burkina Faso ont en partage plus de 1200 km de frontière et sont engagés dans la lutte contre des groupes armés terroristes. De ce fait, le renforcement de la coopération opération dans les deux pays a été au centre des échanges entre le Colonel Assimi GOITA et la délégation Burkinabé.

Du côté malien, la rencontre s’est déroulée en présence du Président du Conseil national de la Transition, le Colonel Malick DIAW ; les ministres de la Défense et des anciens combattants ; le Colonel Sadio CAMARA ; le Directeur général de l’Agence de renseignement et de la sécurité de l’État ainsi que le Directeur de cabinet du Président.

L’objectif de la mission, a expliqué le Chef d’escadron KIENDREBEOGO, était d’abord de rappeler au voisin et partenaire malien que « nous avons les mêmes problèmes de sécurité et le même ennemi », et qu’à ce titre,  » nous devons donc rester solidaires pour relever les défis qui se sont imposés à nos deux pays ».

Il s’est ensuite agi pour les autorités burkinabè de réaffirmer leur volonté de poursuivre la coopération militaire et sécuritaire avec le Mali et de la renforcer notamment par l’intensification des opérations sur le terrain.

L’ambition étant d’anticiper les problèmes sécuritaires qui pourraient engendrer une réplique des groupes armés terroristes sur le territoire burkinabè, en raison de la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité maliennes dans la lutte contre le terrorisme, d’où l ‘intérêt de développer des synergies pour contrer ces forces du mal, estime la partie burkinabè.

Les émissaires du Président du Faso ont remercié le Président Assimi GOÏTA et le gouvernement malien pour leur appui aux opérations de sécurisation au Burkina.

Les Chefs de la transition, le Colonel Assimi GOITA, prodigué des conseils pour une meilleure opérationnalisation de la lutte antiterroriste.

Arrivée à Bamako le vendredi dernier, la délégation burkinabè a d’abord eu une séance de travail avec le Chef d’État-major général des armées, le Général de division Oumar DIARRA autour des perspectives pour le renforcement de la coopération opération opérationnelle Maliano dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

À la Direction de la sécurité militaire, les échanges avec le Directeur, le Général de brigade Moussa Toumani KONÉ, ont porté sur l’environnement sécuritaire dans la zone du Sahel et en particulier sur la frontière commune.

À ce jour, il est nécessaire que le Mali et le Burkina Faso mutualisent leurs efforts dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Cela quand on sait que la zone du Liptako-Gourma, appelée  » la zone des 3 frontières  », est devenue l’épicentre des actions terroristes dans la bande Sahélo-Saharienne. Le choix fait par les groupes terroristes de cet espace géographique pour en faire leurs sanctuaires n’est pas fortuit. Ainsi, pour les déloger, il est nécessaire que les forces armées maliennes et burkinabés conjuguent leurs efforts.

Étant donné qu’il serait impossible qu’une quelconque armée des trois pays du Liptako-Gourma puisse, à elle seule, gagner la lutte contre le terrorisme dans le Sahel central, on devrait alors admettre que le Mali et le Burkina Faso gagneraient à conjuguer leurs efforts. C’est ce chantier que les autorités des deux pays viennent de s’engager pour bouter hors de leurs frontières les terroristes et faire revenir la paix et la quiétude.

PAR MODIBO KONE

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