Alors que le Burkina n’a pas encore fine de pleurer ses morts suite à l’attaque d’un car de transport, le 13 mars dernier, sur l’axe Kaya – Dori, le Niger vient d’enregistrer 21 morts dont 19 civils dans l’attaque perpétrée contre un bus qui revenait de Ouagadougou et un camion, à Tera dans la région de Tillabéri, près du Burkina Faso. En massacrant ainsi ces pauvres voyageurs, le message des forces du mal, est sans ambiguïté : réduire la mobilité des citoyens du Sahel à sa plus simple expression. On est d’autant plus portés à le croire que les attaques contre les voitures de transport en commun, sont légion dans le Sahel. Que ce soit le Mali, le Burkina ou le Niger, aucun de ces trois pays n’est épargné par les attaques contre les civils. Sale temps donc pour les voyageurs du Sahel, pourrait-on dire. Et tant que la zone dite des « trois frontières » Mali-Burkina-Niger, ne sera pas débarrassée des hommes sans foi ni loi qui y sèment la terreur, les populations du Sahel ne connaîtront pas la paix. Il faut, et cela est un euphémisme, arrêter cette spirale de violence meurtrière en délogeant les groupes terroristes, notamment AQMI et EI qui ont fait de cette partie de l’Afrique, le couloir de la mort. En s’attaquant régulièrement à de pauvres civils qui ne demandent qu’à circuler librement dans leur territoire, les ingénieurs du mal cherchent à mettre les économies des trois pays qui ne se portent peut-être déjà bien, à genoux. Et au rythme où vont les choses, il faut craindre le pire. C’est dire si les forces armées de ces trois pays doivent plus que jamais travailler en tandem afin d’apporter une réponse coordonnée et efficace au mal qui ronge le Sahel. Certes, ce n’est pas choisi aisée au regard de l’immensité du territoire sahélien qui fait près de trois millions de kilomètres carrés, mais le jeu en vaut la chandelle.

Ceux qui sèment la terreur au Mali et au Burkina, sont les mêmes qui endeuillent des familles au Niger

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’hydre terroriste a franchi un palier dangereux et les États sahéliens aurait tort de minimiser l’ampleur de ces violences inouïes à répétition contre les civils, en l’occurrence les voyageurs. Cela dit, tant que nos armées ne changeront pas de paradigme dans la lutte contre le terrorisme, les populations du Sahel continueront d’attendre la paix comme Godot. Le faut passer de la riposte à l’offensive. C’est vrai que cette stratégie requiert plus de moyens et de sacrifice mais si le retour de la paix doit passer par la, il faut en payer le prix. En tous les cas, en matière de sécurité, aucun sacrifice n’est de trop. Il y a certitude consciente de cette réalité que le Niger a décidé de construire un camp militaire à Torodi dans le Sud-ouest du Tillabéri, sanctuaire des groupes terroristes. Mais cela suffira-t-il à endiguer le mal ? Rien n’est moins sûr. Car, le tout militaire semble avoir montré ses limites. Et le président nigérien, Mohamed Bazoum, semble avoir compris ; d’où cette nouvelle terre ici allie l’action militaire et la négociation avec certains groupes terroristes. Oui, l’on ne peut douter de la légitimité de ces initiatives, l’on peut, cependant, se demander si elles suffiront, à elles seules, pour pacifier le Sahel. Toutes les portes pour croire que non. Car, ceux qui sont désormais la terreur au Mali et au Burkina, sont les mêmes qui endeuillent des familles au Niger. Et tant que les trois pays n’auront pas une approche commune de la lutte contre le mal, la soirée difficile, voire impossible de bouter l’ogre terroriste hors du Sahel.

Dabadi ZOUMBARA

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