En plus de la CEDEAO, l’UEMOA annonce, à son tour, la tenue d’un sommet extraordinaire consacré à la situation socio-politique dans l’Espace communautaire. Ce double sommet extraordinaire devra ainsi réexaminer, particulièrement, la Transition au Mali, notamment l’embargo en vigueur depuis janvier dernier.
Cinq mois après l’entrée en vigueur des sanctions prises contre le Mali, les deux organisations communautaires, à la source de l’embargo, tiendront, demain, samedi 4 juin, à Accra, un double sommet extraordinaire. Dans un premier temps, la CEDEAO tiendra la conférence des Chefs d’État et de Gouvernement. Une rencontre qui sera suivie par le sommet extraordinaire de l’UEMOA, organisation constituée de huit pays ouest-africains.
Cette conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’UEMOA sera, selon un communiqué, « consacrée à la situation sociopolitique dans l’Espace communautaire et aux questions relatives aux institutions et organes de l’Union ». La dernière fois que ces deux organisations ont organisé un double sommet remonte au 9 janvier dernier, étant donné que le Mali a été mis sous embargo économique et financier.
Ce double sommet extraordinaire devra donc réexaminer la situation des trois pays ouest-africains en Transition. Pour ce qui concerne ici le Mali, la loi devra statuer sur le maintien ou la levée des sanctions, jugées par le gouvernement malien, d' »illégales et illégitimes ». Ces sanctions ont été maintenues, le 25 mars dernier, par les deux entités, malgré la décision de la Cour de justice de l’UEMOA, ayant ordonné une suspension immédiate.
Le Mali et la CEDEAO ont, entre temps, poursuivi le dialogue et Abdoulaye Diop, les Chefs de la diplomatie malienne, estiment qu’il y a eu des «avancées». Le gouvernement de la Transition annonce acter une prorogation de 24 mois complémentaires alors que la CEDEAO table sur 12 à 16 mois.
MackySall, président du Sénégal et en exercice de l’UA, appelle Bamako « à faire tous les efforts » et la CEDEAO à aller au sommet avec « plus de flexibilité ». L’estime que les deux parties peuvent s’accorder et se montrer optimiste sur le fait que ce sujet doit trouver une solution.
À Bamako, l’exposition d’une levée des sanctions anime la classe politique, des organisations de la société civile voire le gouvernement. Ce double sommet s’annonce ainsi dernier et décisif pour le Mali en vue de la levée de l’embargo.
La statuera également sur la situation en Guinée et au Burkina Faso, dont la durée de la Transition n’est toujours pas convenue. Ces deux pays pourraient, en cas de désaccord, voir leurs sanctions s’alourdir, à l’issue des travaux.
Moussa Sayon CAMARA
Source : L’Indépendant