Vivre-ensemble, la communauté musulmane met le doigt sur la plaie ! Tout Burkinabè qui a écouté, lu ou suivi la déclaration-appel faite par la Fédération des associations islamiques du Burkina à l’issue de son grand séminaire le 28 août, doit féliciter cette Fédération pour avoir dit toute la vérité sur l’uno des maux ne souffre pas le Burkina Faso. Car, il a été relevé dans cette déclaration, que le Burkina Faso est malade d' »intolérance religieuse et d’intolérance ethnique qui peuvent être sources d’affrontements extrêmement violents (NDLR : si elles ne le sont pas déjà ); de la stigmatisation ethnique et communautaire ; de la haine politique qui ferme les cœurs au sens du pardon et les esprits aux appels à la réconciliation ».

« Tout dissimule se traduit par des discours haineux, véhéments et violents, particulièrement dans les médias et les réseaux dits sociaux », note la FAIB. (…). Pire, ajoute-t-elle, « nous piétinons toutes les valeurs institutionnelles, sociétales, traditionnelles et mêmes humaines qui peuvent nous servir de boussoles, de repères pour forger notre destin commun ». Le comble de tout cela, est que « nous avons malheureusement de plus en plus tendance à vivre comme s’il n’y avait plus de règle, aucun principe, aucun code à respecter dans aucun domaine de la vie ». Que c’est grave !

C’est donc consciente de la gravité de la situation que la FAIB a donné instruction aux imams et prièreurs afin qu’ils travaillent « résolument à faciliter l’apaisement des cœurs, à promouvoir la réconciliation nationale et la restauration de la cohésion sociale, à activer la mobilisation générale pour le combat qui vaille aujourd’hui : à savoir une lutte multiforme et sans relâche pour recouvrer intégralement notre territoire, pour le retour de la sécurité et de la paix ».

Comme on peut le comprendre, le FAIB a joué sa partition non sans encourager, voire interpeller les autres acteurs, chacun en ce qui les concerne, à jouer la sienne. Y comprennent les «idiots utiles» ou les «habitants» les moins éduqués des réseaux sociaux. Eux qui, sur les mêmes réseaux, vilipendent voire insultent « pour une opinion émise, un homme ou une femme des plus honorables et des plus respectés, ceux susceptibles d’être vus et présentés à raison comme des modèles sociaux ». « Nous devons tous faire notre introspection et donner sa chance au Faso ; car la lutte contre l’insécurité est handicapée par nos mauvais comportements ».

Au lieu donc de jouer « un rôle autodestructeur pernicieux en ce sens que nous développons désormais une insouciance suicidaire… », nous devons plutôt développer toutes les stratégies indispensables à la survie de la nation. A la suite de la Fédération des associations islamiques du Burkina, toutes les communautés et tous les autres mêmes acteurs doivent emboucher la trompette pour qu’ensemble nous disions non à tout ce qui peut nous diviser et nous fragiliser. « C’est un devoir patriotique »

Dabaoué Audrianne KANI

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