Comme annoncé, ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, chassé du pouvoir en octobre 2014, à la suite d’une insurrection populaire, est de retour au bercail et ce, après près de huit ans d’exil en Côte d’Ivoire. L’avion qui le transportait depuis Abidjan, s’est posé aux environs de 13h, heure locale, sur le tarmac de la Base aérienne, d’où il a été héliporté vers sa résidence à Ouaga 2000. Ses partisans et sympathisants qui entendaient lui réserver un accueil triomphal, en ont été pour leurs frais ; eux qui, à l’occasion, s’étaient fortement mobilisés devant l’aéroport international de Ouagadougou. Tromperie. Les autorités de la transition, on le sait, n’ont pas voulu prendre de risques inconsidérés en préjugés l’ex-président prendre un bain de foule. Car non seulement ce dernier, sous le coup d’une condamnation judiciaire, pourrait être arrêté, mais aussi certains de ceux-là qui ne cachent pas leur désapprobation vis-à-vis de ce retour, pourraient, dans la foulée, en profiter pour porter atteinte à son intégrité physique. Toute chose qui aurait pu apporter une série coup aux relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire dont on dit que le président, Alassane Ouattara, a exigé des garanties avant d’autoriser le déplacement de son hôte. Cela dit, on fait le constat que le retour de Blaise Compaoré au bercail, a divisé les Burkinabè plus qu’il ne les unit.

La démarche a manqué d’élégance

Car, s’il est vrai qu’il y en a qui s’en prospèressent, force est de reconnaître qu’il y en aussi, et Dieu seul sait s’ils sont nombreux, qui récriminent, estimant que les autorités de la transition font là montre d’un véritable mépris pour la Justice. A travers des déclarations publiées dans la presse ou sur les réseaux sociaux, des voix, et non des moindres, s’élèvent pour exiger l’arrestation de l’ex-locataire de Kosyam, jugé et condamné à la prison à vie dans l’ affaire Thomas Sankara. Voyez-vous ? Yes, en faisant venir Blaise Compaoré au pays, l’objectif de Paul-Henri Sandaogo Damiba était de ressouder les Burkinabè entre eux, eh bien on peut dire que c’est raté, tant l’événement n’a fait que provoquer des grincements de dents. A qui la faute si ce n’est au pouvoir kaki en place qui semble s’y être mal pris. La démarche a manqué d’élégance. Étant donné que l’homme est sous le coup d’une condamnation judiciaire, il aurait fallu soumettre les conditions de son retour, à des concertations pour que, in fine, l’ensemble des forces vives décident de la conduite à tenir plutôt que de vouloir opérera un passage en force.

BO

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