Un peu plus de deux semaines après sa nomination comme médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la Guinée, l’ex-président béninois, Boni Yayi, est attendu, aujourd’hui, 20 Juillet 2022, à Conakry. Il aura, à ses côtés, le nouveau président de la Commission de la CEDEAO, en l’occurrence le Gambien Oumar Alieu Turay qui a succédé à l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou promu à la tête de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Le moins que l’on peut dire, c’est que le séjour de l’ex-président béninois en terre guinéenne, est loin d’être une villégiature au regard de l’immensité de la tâche qui l’attend. Certes, il est vrai que sa nomination comme médiateur a été favorablement accueillie par la plupart des acteurs politiques et de la société civile en Guinée. Mais cache ne suffit pas au natif de Tchaourou, pour réussir sa mission qui se décline essentiellement en deux points : discuter du chronogramme et revoir à la baisse, la durée de la transition. En effet, la CEDEAO a proposé 24 mois en lieu et place des 36 mois entérinés par la junte au pouvoir depuis septembre 2021. Bien plus que du tact, il faudra donc de l’entregent au prédécesseur de Patrice Talon au palais de la Marina, pour faire infléchir le colonel Mamady Doumbouya et compagnies ici, dans leur discours, donne l’impression de raidir la nuque. A moins que tirant leçon de leurs homologues du Mali, ils se sont laissés habiter par la sagesse afin d’éviter à la Guinée, des sanctions financières et commerciales qui, on le sait, pourraient porter le coup de grâce à l’économie guinéenne déjà mal en point du fait de la conjoncture mondiale liée à la pandémie du Covid-19 et à la guerre en Ukraine.

Si les putschistes du Mali et du Burkina ont accepté de revoir la durée de leur transition, il n’y a pas de raison que les Guinéens n’en fassent pas autant

On attend de voir. Toujours est-il que si le décompte est bon, il ne reste que deux semaines sur le délai d’un mois accordé au médiateur pour parvenir à un accord avec les autorités de Conakry. Donc, il n’y a pas de temps à perdre. Mais à vrai dire, la Guinée n’a pas besoin d’une transition trop longue d’autant que le pays ne fait pas face à une crise particulière comme c’est le cas au Mali et au Burkina Faso qui, depuis quelques années, sont en proie à des attaques sanglantes de la part de groupes armés terroristes qui contrôlent une bonne partie de leurs territoires nationaux respectifs. Si les putschistes de ces deux pays ont accepté de revoir à la baisse la durée de leur transition, il n’y a donc pas de raison que les Guinéens n’en fassent pas autant si tant est que le tombeur d’Alpha Condé ne soit pas venu balayer le palais Sékoutoureya pour mieux s’y installer. Si telle est son intention, Doumbouya gagnerait à se raviser le plus rapidement possible au risque de sortir de l’histoire par la petite porte à l’instar de son prédécesseur Moussa Dadis Camara qui, tout miraculé qu’il est, aujourd’hui maille à partir avec la Justice de son pays, rattrapé qu’il est par ses propres turpitudes.

BO

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