Le coup d’envoi du plus grand et du plus prestigieux tournoi sportif biennal du continent a été donné hier dans le parc du complexe sportif ultramoderne d’Olembé, dans la banlieue de Yaoundé, la capitale du Cameroun. La 33e édition de la Coupe d’Afrique, étant donné que c’est le cas, se déroulera jusqu’au 6 février et sera dispersée dans cinq villes du pays dans un contexte où la variante Omicron du coronavirus s’y propage comme un feu de forêt, et où les séparatistes des régions anglophones menacent ouvertement d’entraver le déroulement de la compétition à Limbé, qui accueille le groupe F. Heureusement, ce contexte sanitaire, bien qu’extrêmement préoccupant, n’est pas paralysant, et les 24 équipes en lice s’affronteront pendant un mois sur six différents groupes, pour trouver le meilleur qui s’emparera de la première place et ravira la couronne à l’Algérie le soir du 6 février. En attendant l’épilogue de cette compétition, hier et comme d’habitude, nous avons été accueillis par une cérémonie d’ouverture haute en couleurs, en présence de toute l’élite politique, intellectuelle et footballistique du Cameroun. Après ce précurseur conclu par un grand tumulte dans les travées du stade omnisport, le coup d’envoi de la première affiche du tournoi a en effet été donné à 16h00 GMT, mettant en scène les Lions Indomptables du Cameroun et les Etalons du Burkina Faso. . Un match inaugural qui réveille le souvenir de la CAN 98 disputée au Burkina Faso, et dont le premier match du tournoi avait opposé les deux nations qui étaient sur la pelouse hier après-midi. Le Cameroun, on s’en souvient, s’est imposé au terme d’un match techniquement médiocre, par l’étroit d’un but à zéro, but inscrit en milieu de première mi-temps par Alphonse Tchami qui avait repris à plein régime un centre excellemment brossé de l’insaisissable. ailier gauche, Salomon Olembé.

C’est une introduction réussie pour le pays organisateur

Les deux équipes se sont ensuite rencontrées à la CAN 2017 et se sont séparées à l’issue d’un match mythique, avant que le destin ne les remette à nouveau et pour la troisième fois dans le match inaugural de cette CAN 2021. Bien que les Lions Indomptables l’avaient, avant en début de match , un léger avantage psychologique compte tenu des statistiques et compte tenu de l’audience presque entièrement acquise à leur cause, ils n’en étaient pas moins méfiants vis-à-vis de leurs adversaires du jour, d’autant qu’ils restent invaincus depuis huit matches officiels, et dernièrement ils se sont montrés impitoyables face à l’équipe gabonaise qu’ils ont infligé une sévère correction lors du dernier match de préparation le 2 janvier à Dubaï. Heureusement, ou malheureusement cela dépend, les Etalons du Burkina Faso ont été à moitié décimés avant le début du match, cinq joueurs sur le terrain et 3 membres du staff technique dont l’entraîneur ont été placés à l’isolement pour avoir été testés positifs au coronavirus dans des circonstances qui ne cessent jamais. pour faire parler le pays des hommes droits. La Fédération Burkinabè de Football a immédiatement divisé une lettre adressée à la Confédération Africaine de Football dans laquelle elle remet en cause les résultats des tests et demande un contre-avis, évidemment sans résultat puisque l’organisation faîtière du football africain a validé les résultats. des tests effectués selon elle par « un laboratoire médical international, indépendant et agréé ». Qu’à cela ne tienne, les porteurs réels ou présumés de l’infection virale ont été remplacés en peu de temps, et les burkinabè ont entamé la rencontre entre suspicion et désir de vengeance dans un environnement hostile, et face à des opposants. Les  »hurlements » et les  »vuvuzelas » de milliers de supporters en délire. Malgré de nombreux observateurs et supporters du football redoutent l’utilisation abusive et malveillante du protocole sanitaire comme variable d’ajustement pour disqualifier les joueurs les plus impactants des équipes qui auront la malchance de traverser le pays hôte en groupe ou en match à élimination directe 33Et L’édition CAN pourrait nous réserver de grosses surprises, surtout quand on sait que de nombreuses équipes regorgent de joueurs au sommet de leur art. La formation burkinabè, malgré le handicap de l’absence de certains de ses managers, a abordé le match sans complexe et a ouvert le score à la 24e minute sur un superbe plateau de Gustavo Sangaré. Les coéquipiers de Bertrand Traoré ont été rejoints au score à 40Et minute d’un penalty du capitaine et feu de joie de l’équipe camerounaise, Vincent Aboubakar, avant que ce dernier ne double sur un nouveau coup franc, juste avant la fin de la première période. En seconde période les deux équipes ont clairement laissé leurs vertus offensives dans les vestiaires, et les deux gardiens ont passé les 45 dernières minutes plus détendus, hormis le troisième but de l’attaquant camerounais invalidé par la VAR, dans le dernier quart d’heure de la réunion. C’est donc une introduction réussie pour le pays organisateur, mais une douche froide pour les Etalons burkinabè qui devront galoper davantage pour remporter leur prochain match contre le Cap Vert s’ils veulent poursuivre leur parade équestre en terre camerounaise. Cela reste jouable, tant que les poulains de Kamou Malo sont moins rudes et plus imaginatifs en défense, et que Bertrand Traoré et ses attaquants sont plus incisifs face aux buts adverses. Au vu du match époustouflant que le Cap-Vert et l’Éthiopie ont offert hier soir à Yaoundé, on peut déjà dire que la prochaine étape ne sera pas un jeu d’enfant ni pour le Burkina ni pour le Cameroun. , pourtant considérés comme les favoris de ce groupe R. En attendant les autres matches de ce groupe, les Camerounais continueront de savourer cette victoire qui était loin d’être acquise, et la fête a commencé au coup de sifflet final avec le feu d’artifice qui a le ciel au-dessus Olembé s’illumine sous le regard admiratif de l’immobile président de la République, Paul Barthélémy Biya.

Hamadou GADIAGA

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