Le Premier ministre Jean Castex est arrivé jeudi au Tchad pour une visite de soutien aux troupes françaises de Barkhane, précédée d’une rencontre « fructueuse » avec le président Idriss Déby sur les enjeux de la lutte contre le terrorisme, à Amdjarass (est), note une agence. de l’AFP.

« Nous avons eu des discussions très fructueuses et très approfondies », a déclaré Castex, accueilli dans l’après-midi par le chef de l’Etat tchadien dans son fief près de la frontière soudanaise.

« Nous avons indiqué les moyens de renforcer cette coopération » entre la France et le Tchad « avec un objectif commun qui est la lutte contre le terrorisme, aussi bien au Sahel », contre le groupe État islamique (EI) ou contre la nébuleuse d’Al-Qaïda » , ou dans la zone du lac Tchad » face à Boko Haram, a poursuivi le Premier ministre.

Parmi les sujets les plus brûlants figure l’avenir de l’engagement militaire français au Sahel, alors que trois soldats sont morts lundi au Mali dans l’explosion d’une mine artisanale.

M. Castex leur rendra hommage jeudi soir dans un discours prononcé au Camp Kosseï à N’Djaména, le centre de commandement de la force Barkhane. Il se réveillera ensuite avec les 800 militaires stationnés sur cette base qui pilote des opérations à travers la bande sahélo-saharienne.

Vendredi, M. Castex rencontrera les contingents positionnés à Faya-Largeau (nord), oasis dans le désert face à la Libye, puis à Abéché (est), important centre économique et écluse militaire non loin de la frontière soudanaise. .

Mais le premier ministre donnera selon toute vraisemblance peu d’informations sur la future physionomie de Barkhane, actuellement composé de 5 100 hommes mais arrivant à un nouveau tournant stratégique.

A l’issue de sa rencontre avec M. Déby, M. Castex a simplement évoqué « les perspectives du prochain sommet de N’Djaména » en janvier ou février, qui a réuni la France et ses partenaires du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Mauritanie et Tchad) engagés dans la lutte contre le terrorisme.

M. Déby « se rendra prochainement en France pour discuter » avec Emmanuel Macron « de toutes ces perspectives », a indiqué Castex sans plus de précisions.

Le sommet de N’Djaména marquera le premier anniversaire du sommet de Pau (janvier 2020) qui a recentré les objectifs sur la zone dite des « trois frontières » (Mali, Niger, Burkina Faso), avec plusieurs succès tactiques à la clé, notamment contre l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Mais la France, qui refuse de parler de « désengagement », table aussi sur la montée en puissance de forces locales et pourrait en ce sens rappeler les 600 renforts déployés cette année.

Il y a encore de l’espoir pour le déploiement d’un nouveau bataillon tchadien dans les trois zones frontalières, promis il y a un an mais qui accuse des retards alors que le pays fait également face aux attentats terroristes de Boko Haram dans la région du lac Tchad.

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