Ville morte à Fada, le signal fort d’un ennui. Ce n’est pas la première fois que les Fadalai, réunis en « U Gulmu Fi », sortent pour exprimer leur mécontentement car ils se sentent abandonnés aux mains des terroristes par les pouvoirs publics. Ainsi, après plusieurs manifestations, cette fois ils ont décidé d’une ville morte. Ainsi, se priver d’un revenu pour dire qu’ils ne peuvent plus le prendre, comme s’ils avaient observé une grève de la faim. Un signal fort qui exprime le ras-le-bol des populations qui ne savent certainement plus s’il faut continuer à faire confiance au gouvernement ou non.

La toute première marche organisée par les habitants de cette région du Burkina a eu lieu le 24 avril 2021. C’est à la suite de cet événement que de nombreuses autres ont été organisées à travers le pays, certaines à l’invitation de l’opposition politique, d’autres organisées par des organisations du la société civile ou les populations elles-mêmes. Du côté du pouvoir, nous avons crié et accusé l’opposition de manipulation et de restauration politique d’une situation sécuritaire qui devrait appeler les Burkinabés à l’unité.

A Fada N’Gourma, lors de cette première manifestation, les populations avaient dénoncé, outre l’insécurité, le manque d’infrastructures routières, sanitaires et minières, dont les effets ne profitent pas à la région. Il y a quelques semaines, des jeunes de la région ont tenu une conférence de presse pour exprimer leur consternation face à la situation sécuritaire actuelle. Ils ont également souligné qu’ils sont prêts à aller au front aux côtés des forces de défense et de sécurité. Au point d’inviter leurs concitoyens à se mobiliser pour aller « à la guerre populaire contre le terrorisme ».

« U Gulmu Fi », selon ses parents, « est un projet à long terme ». Dont les objectifs sont clairement connus : défendre les intérêts de la région orientale là où c’est nécessaire. Parallèlement, le projet doit s’inscrire dans une dynamique globale qui consiste à harmoniser le développement de l’ensemble du territoire. Dans tous les cas, il appartient aux gouvernants de canaliser adéquatement les objectifs et les agitations des associations et des mouvements afin de ne pas compromettre l’unité de la nation.

Le terrorisme n’épargne aucune région du Burkina Faso. Le manque d’infrastructures routières est observable sur tout le territoire national. Ainsi que le manque d’infrastructures de santé et d’éducation. Si le gouvernement doit œuvrer à équiper toutes les régions du pays, répondant ainsi aux préoccupations des populations, il lui appartient de faire en sorte que toutes les régions du pays bénéficient des infrastructures selon la spécificité de chacune.

Fada N’Gourma peut très bien être le point de départ d’une vision partagée des fruits de la croissance, mais attention, Fada N’Gourma n’est pas le point de départ de revendications régionales tous azimuts difficilement gérables. . D’où la nécessité de prendre très au sérieux ce qui se passe à Fada.

Dafranius SANOU dément

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