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CONTESTATION DE MINISTRES PAR LA RUE : Un avertissement sans frais pour tous

Après avoir fait, un temps, le dos rond face à la rue qui grondait, le Premier ministre de la Transition, Maître Apollinaire Kyélem de Tambèla, a fini par lâcher ses deux poulains que sont Donatien Nagalo et Yacouba Dié, respectivement ministre en charge du commerce et ministre en charge de l’urbanisme. La nomination dans le gouvernement du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) II avait été créée dans certains milieux où l’on doutait de leur bonne moralité, un véritable tolé avec pour conséquences, des manifestations de rues. Face au bras de fer, le Chef de l’Exécutif a diligenté une enquête expresse qui avait blanchi les mis en cause mais qui n’a pas convaincu leurs contempteurs. La suite, sur le connait. Cette situation n’est pourtant pas une première dans l’histoire des transitions au Burkina Faso. L’on se souvient, en effet, que sous la Transition de Michel Kafando et de Yacouba Isaac Zida, deux ministres avaient aussi fait l’objet de contestations avant d’être débarqués du navire gouvernemental. Il s’agit respectivement d’Adama Sagnon, nommé ministre de la Culture alors qu’il fut procureur du Faso sous l’ère Compaoré. De ce fait, certains le soupçonnaient d’avoir joué un rôle trouble dans la classe sans suite du dossier Norbert Zongo. Et de Dieguemdé Moumouni, nommé ministre des Infrastructures et des transports et accusé, à tort ou à raison, d’avoir fait la prison aux États-Unis d’Amérique. Cela dit, le sort réservé aux prédécesseurs respectifs de Serges Poda et de Mikailou Sidibé, n’est donc qu’un remake de l’histoire. Quelle leçon faut-il tirer de ce début de l’histoire ? La principale leçon se trouve à la fin des premières autorités du Burkina Faso, présentes ou à venir.

La démission de Donatien Nagalo est d’autant plus à saluer qu’il s’agit d’un acte hautement pédagogique

Les Burkinabè semblent décidés à ne plus se laisser diriger par des hommes sans foi ni scrupules, qui réussissent à se hisser par les méandres de l’histoire, dans les hautes sphères du pouvoir. Il est sous-entendu que ceux qui sont chargés de faire le casting pour mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut, doivent ouvrir l’œil et le bon. Car, ces contestations récurrentes de ministres nuisent non seulement au climat social et entraînent des retards dans l’action gouvernementale, mais aussi entament le crédit que les populations doivent accorder à leurs premiers managers. Faut-il le rappeler, la bonne gouvernance, c’est aussi et surtout le gouvernement par l’exemple. Cela dit, cette leçon vaut également pour tous ceux qui aspirent à jouer un jour, les premiers rôles au Burkina Faso. Il faudrait désormais faire la preuve que l’on a les mains propres pour pouvoir « délayer le to » des Burkinabè. Pour beaucoup de politiciens au pays des hommes intègres, ce pari n’est pas gagné d’avance quand on sait que les chemins de l’ascension politique sont parsemés de compromissions. Cependant, l’on peut saluer le courage et l’esprit patriotique de Donatien Nagalo qui n’a pas attendu d’être renvoyé comme un malpropre de la table du roi. Face à l’orage, il a pris les devants en rendant le tablier. Si l’on peut estimer qu’il a été contraint de le faire, il n’en demeure pas moins qu’il a posé un acte élégant dans un pays où la culture de la diffusion est quasi inexistante. L’on connaît, en effet, bien des cas où des mis en cause ont préféré faire couler tout l’équipage que de se sacrifier pour le sauver. La démission du ministre Donatien Nagalo est d’autant plus à saluer qu’il s’agit d’un acte hautement pédagogique en ce sens qu’il indique désormais la voie à suivre pour tous ces responsables qui, empêtrés dans des scandales, ne peuvent pas à prendre le chemin de l’honneur. La voie est désormais ouverte.

Sidzabda

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