Les groupes armés ont encore fait parler d’eux au Burkina Faso, pays des Hommes intègres. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une attaque spectaculaire comme ils sont coutumiers du fait mais plutôt d’un ravi qui aura la surprise plus d’un. En effet, l’ont a procédé à l’enlèvement d’une religieuse dans le Centre-Nord du pays. Agée de 83 ans, Sœur Suellen Tennyson d’origine américaine, à l’est de la Congrégation des Sœurs Marianistes de Sainte Croix. Elle était en service à Yalgo depuis octobre 2014, soit près de huit ans. Selon un communiqué rendu public par le diocèse de Kaya dont relayve la paroisse de Yalgo, sitôt enlevée, Sœur Suellen Tennyson a été conduite manu militare vers une destination inconnue par ses ravisseurs qui, avant de partir, ont pris le soin de vandaliser des salles et de saboter le véhicule de la communauté, qu’ils ont tenté d’emporter. Les groupes armés voudraient faire un pied de nez aux autorités de la transition qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Car, ce rapt d’une expatriée, deuxième du genre après l’enlèvement du docteur Arthur Eliott Kenneth toujours détenu en otage, intervient seulement quelques jours après le discours qui se voulait rassurant du président Paul Henri Sandogo Damiba. Et ce n’est pas tout.

On imagine que le pays de l’Oncle Sam ne reste pas les bras croisés

Car, la veille de l’enlèvement, le chef du gouvernement, Albert Ouédraogo, vient de présenter sa feuille de route à l’Assemblée législative de transition dans laquelle la lutte contre le terrorisme apparaît clairement comme la priorité des priorités. C’est la preuve que, bien plus que des mots, il faudra passer aux actes concrets pour autant que l’on veuille rassurer les Burkinabè dont certains, deux mois après le putsch qui a mis fin au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, commence à désenchanter. Cela dit, Sœur Suellen Tennyson étant d’origine américaine, on imagine que le pays de l’Oncle Sam ne reste pas les bras croisés. Il ne lésinera pas sur les gros moyens afin que soit libérée saine et sauve cet octogénaire avant qu’elle ne pique le syndrome … de Sophie Pétronin, du nom de cette Française qui, après plusieurs mois de captivité, avait commencé à avoir de la sympathie pour ses ravisseurs, même après sa libération. L’erreur à ne devrait surtout pas céder le territoire au paiement d’une rançon qui ne fonctionnerait qu’alimenter ou entretenir la capacité de nuisance des groupes armés qui contrôlent aujourd’hui près des ¾ du national. Cependant, on en vient à déplorer qu’en dépit de la dégradation de la situation sécuritaire, Sœur Tennyson soit restée dans une zone réputée rouge, sachant que la peau blanche, par ces temps qui courent, une valeur marchande très importante.

BO

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