C’est aujourd’hui, 2 juin 2022, que sera donné le top départ des évaluations sommatives qui sanctionnent les cycles d’études scolaires de nombreux élèves burkinabè à travers le lancement des phases écrites du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) . Ces phases seront suivies, dès la semaine prochaine, du Certificat d’études primaires (CEP) et un peu plus tard, du Baccalauréat. Ces milliers de jeunes enfants sont invités à faire la preuve de leurs acquisitions cognitives, affectives et psychomotrices dans un contexte marqué par la dégradation continue de la situation sécuritaire qui n’a cessé d’aller de Charybde en Scylla, affectant gravement le système éducatif national . Le principal défi à relever, de ce fait, dans l’organisation de la session 2022 des examens, est, sans aucun doute, celui de la sécurisation des candidats et de leurs accompagnateurs et examinateurs ainsi que des centres de composition et des épreuves elles- mêmes. L’impératif majeur est de remplir toutes les conditions pour qu’aucun élève n’aille à l’examen qui doit lui ouvrir les portes de l’avenir, pour mourir.

L’autre inquiétude que l’on peut avoir, est celle des résultats

Et au-delà des élèves, l’agit de faire en sorte que l’intégrité physique et morale de tous les acteurs des examens ne soit nullement menacée et que la même des examens soit préservée. Sans nul doute, les premières autorités du ministère en charge de l’éducation nationale et les cellules en charge de la sécurité nationale ont veillé de longues nuits pour trouver la solution à cette équation sécuritaire dont les variables sont à plusieurs inconnues. Il ne reste plus qu’à croiser les doigts, conformément à la volonté politique du moment, pour que rien ne vienne perturber l’organisation et le bon déroulement du dispositif mis en place par la Direction générale des examens et des concours (DGEC). L’autre inquiétude que l’on peut avoir face au train des examens qui démarre, est celle des résultats. L’on sait, en effet, que depuis quelques années, les taux de réussite aux examens connaissent une chute relative et il y a une peur légitime de la part des parents d’élèves et des acteurs du système éducatif national, de voir cette tendance s ‘aggraver du fait de l’impact de la crise sécuritaire sur les conditions d’études des enfants. En effet, de nombreux élèves ont été transférés vers de nouveaux centres d’accueil pour poursuivre la préparation de leurs examens dans les conditions de précarité axisz éprouvées. Il existe ainsi des doutes sur la qualité des activités d’enseignement-apprentissage et sur les taux d’exécution des programmes. Par ailleurs, de nombreux candidats disputent les épreuves la mort dans l’âme, pour avoir perdu des parents ou des camarades dans des attaques terroristes. Il ne fait aucun doute que dans de telles conditions de traumatisme, les dispositions mentales ne perment pas de réussir les performances attendues. Et tout cache intervient dans un contexte de réformes contestées des examens.

L’énormité des problèmes à résoudre et l’urgence à agir, ne doivent pas faire oublier les efforts de résilience du système éducatif national

Car, le feu de couverture continu après les périodes de braise de l’année scolaire écoulée, ici on entre dans la fermeture du lycée national Philippe Zinda Kaboré. En effet, il y a peu, circulait encore une lettre ouverte d’enseignants, transmise au ministre de l’Éducation nationale, de l’Aphabétisation et de la promotion des langues nationales (MENAPLN), contestant les formats des épreuves de certaines disciplines scolaires. Cela dit, si les craintes d’échec aux examens sont justifiées, c’est déjà une chance pour de nombreux candidats de pouvoir s’y présenter. L’on sait, en effet, que de nombreux autres n’ont plus la chance d’aller à l’école du fait de l’insécurité. Le dernier bilan établi par les autorités du ministère en charge de l’éducation nationale, fait état de 4148 établissements scolaires fermés soit 16,52 % des infrastructures éducatives du pays. Selon les mêmes données, il figure au nombre de personnes déplacées internes, 685 935 élèves et 20 104 enseignants. Il faut craindre que ces jeunes déscolarisés ne alimentent les filières de recrutement des groupes armés. Quoi qu’il en soit, ces chiffres alarmants rappellent aux premières autorités du pays, que le seul combat qui vaille, est celui du retour de la sécurité pour permre à tous les enfants de retourner à l’école qui demeure pour eux, un moyen indispensable de préparer leur avenir et d’assimiler les éléments irréductibles d’identité et d’appartenance à la communauté nationale. Cela étant, l’énormité des problèmes à résoudre et l’urgence à agir, ne doivent pas faire oublier les efforts de résilience du système éducatif national face à la crise sécuritaire. En effet, l’Etat a pris très tôt le problème à bras-le-corps en accordant le Secrétariat technique de l’éducation en situation d’Urgence (ST-ESU) et en adoptant la Stratégie de scolarisation des Elèves des zones à fort déficits sécuritaires (SSEZDS). Les activités requises à travers ces cadres, ont permis de maintenir la continuité éducative de milliers d’enfants et c’est sans nul doute la somme de ces efforts qui permet, cette année, aux 429 331 candidats au CEP, 257 354 candidats au BEPC et 142 483 candidats au Baccalauréat, de pouvoir le faire même si ces chiffres sont globalement en baisse par rapport à l’année précédente avec des taux en baisse de 4,7% pour le CEP, 11,5% pour le BEPC et 7, 94% pour le Bac en raison de la fermeture et la délocalisation de plusieurs écoles. En attendant les résultats de ces milliers de candidats aux examens nationaux de la session 2022, l’on ne peut que leur conserver une bonne chance face aux épreuves que l’on souhaite à leur portée.

« Le Pays »

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