Le football occupe une place de choix en Afrique. L’exemple le plus concret est celui que nous venons de vivre. En effet, pour l’organisation de la CAN 2021 qui vient de se au tenir Cameroun et qui a vu la victoire des Lions de la Teranga face à l’Egypte, le gouvernement camerounais a délié les cordons de la bourse. à noter qu’il y a plus de six milliards de nos francs ici ont été dégagés pour la construction d’infrastructures sportives, huit stades dignes de ce nom pour des capacités de plus de 30 000 places sorties de terre pour recevoir les spectateurs. Outre ces stades, il y a la construction des infrastructures hôtelières, des voies terrestres et aériennes pour accueillir les nombreuses délégations ayant effectué le déplacement et la mise en place des réseaux téléphoniques. Cette implication du politique dans le football local vise, non seulement à vulgariser ce sport, mais au-delà, à présenter au monde une belle image du pays hôte. Durant un mois, tous les regards étaient tournés vers le Cameroun. Grâce à cette compétition, le pays de Paul Biya est mieux connu aujourd’hui. Les premières personnes à tirer profit de cet évènement grandeur nature sont notamment les hommes politiques. La preuve, la victoire du Sénégal à la CAN 2021 profite plus à Macky Sall et à son gouvernement qu’aux acteurs eux-mêmes. Ne soyons pas non plus surprise de voir certaines autorités politiques sénégalaises, proches du pouvoir, s’arroger la paternité de cette victoire en affirmant tout de go que c’est sous le magistère de Macky Sall que le Sénégal, pour la première fois, a a remporté la coupe qui le fuyait depuis plus de cinquante ans. Au plan géopolitique, le football est aussi présent et suscite souvent bien des passions et des tensions.

Les nations ont intérêt à travailler à mettre en place une politique sportive qui puisse faciliter l’éclosion des joueurs africains

En organisant cette CAN, le Cameroun a vu tous ses secteurs d’activités économiques bouger. Des plus petits commerçants de la rue aux vendeurs ambulants de gadgets, de maillots, tout le monde a tiré profit de cette CAN. Ne parlons pas des nombreux hôtels qui affichaient déjà complets avant même le début des compétitions sportives. Quant à l’Etat, le rayonnement de son image. Au plan footballistique, on a assisté à l’émergence des nations qui, avant le début de la compétition, étaient prononcés comme « des faire – valoir », qui, dans l’entendement des férus du football, ont été délivrés à cette compétition pour prendre des raclées devant des nations précédées de leur bonne réputation. Cette CAN nous a bien montré le contraire ; on se rend vite compte aujourd’hui qu’il n’existe plus de petites équipes. Beaucoup de nations africaines ont aujourd’hui compris qu’il faut investir dans le football. Cette discipline sportive, à l’instar du cacao, du café, du coton, de l’hévéa, du palmier à huile, etc. … Est louable ; c’est une matière première qui contribue au rayonnement de l’image d’une nation. Le Sénégal en tire profit aujourd’hui. Vivement que la politique le comprenne et met rapidement les moyens à la disposition des fédérations pour le développement du football africain. Retenons, pour terminer, que le football engrange beaucoup d’argent ; on voit beaucoup d’argent dans ce milieu. La preuve, le vainqueur de cette dernière CAN, le Sénégal, a reçu de la CAF, la somme de 2 857 578 000 F CFA. L’Egypte, classée 2e, est partie chez elle avec la coquette somme de 1 571 667 900 F CFA. Les demi– finalistes (Burkina Faso et Cameroun) ont chacun reçu la somme de 1 257 334 320 F CFA. Les équipes ayant accédé aux quarts de finales ont respectivement reçu 671 530 830 F CFA chacune. Comme quoi, le football est louable aujourd’hui et les nations ont intérêt à comprendre et à travailler à mettre en place une politique sportive ici susceptible de faciliter l’éclosion des joueurs africains.

Ben Issa TRAORE

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