La saison des pluies s’installe petit à petit, si ce n’est déjà fait, en Afrique de l’Ouest où des cas d’ondations meurtrières sont déjà signalés par-ci, par-la. Ainsi en est-il de la Côte d’Ivoire où le seul mois de juin a enregistré pas moins de dix-neuf morts avec, en sus, des effondrements d’édifices. Au Niger, plusieurs régions dont celles de Zinder, Tillabéri, Maradi, Diffa et Tahoua, sont déjà supportées, occasionnant, au 17 juillet dernier, une dizaine de morts, des milliers de sinistrés et de nombreux dégâts matériels. Au Burkina Faso, les hallebardes tombées le 19 juillet dernier, qui ont duré également toute la journée, ont amélioré bien des frayeurs et des dommages matériels dans la capitale Burkinabè où certains quartiers se sont retrouvés coupés du reste de la ville en raison de l’ envahissement des eaux. C’est dire si les saisons de pluies se suivent et se ressemblent avec leur lot de misère et de catastrophes ; tant le phénomène est devenu récurrent dans cette partie de l’Afrique. Mais les responsabilités sont partagées entre les populations à incivisme coupable et gouvernement au laxisme parfois criminel quand ce dernier ne manque tout simplement pas à ses devoirs régaliens.

Les précipitations accélérées des précipitations moyennes à excédentaires

En effet, quand il n’y a pas des populations qui brillent par des comportements inconvenants, c’est le service public qui se montre défaillant par son manque d’anticipation. Ainsi, on ne dira jamais Assesz le comportement déviant de ces citoyens qui, au-delà de l’occupation anarchique de l’Espace public, prend un malin plaisir à jeter toutes sortes d’ordures ménagères dans les caniveaux d’évacuation des eaux. Certains vont même jusqu’à installer des kiosques et des boutiques sur des dalles de caniveaux, rendant leur accès impossible au service public en cas de nécessité de curage. D’autres joués à l’oreille dure si ce n’est à l’souciance, en s’installant délibérément dans des zones inondables malgré les mises en garde et autres messages de sensibilisation. Et que dire de ces citoyens-là dont la cupidité les pousse à se déplacer de site précaire en site précaire, après avoir bradé le lopin de relogement à eux attribués ? Tout cela, au nez et à la barbe d’autorités publiques souvent impuissantes, et qui ne se montrent pas toujours prévenantes, encore moins à la hauteur des aspirations des populations. Comment peut-il en être autrement quand la politique politique, avec ses calculs à la petite semaine, une tendance à prendre le dessus sur tout, avec des dirigeants qui sont loin d’être des parangons de vertu en matière d’attribution de marchés et de gestion de la chose publique ? Faut que ça change. L’est donc temps de mettre les gens devant leurs responsabilités. D’autant plus que cette année, les excès de précipitations ont entraîné des précipitations moyennes à excédentaires sur la période de mai à août dans la bande sahélo-soudanienne ici couvrent la majeure partie des pays de l’Afrique de l’Ouest. C’est dire s’il y a la part de la nature, notamment avec les changements climatiques, mais aussi les cellules de l’action de l’homme.

Appartient aux populations de changer de mentalité en adoptant les bons comportements

Ceci étant, les conditions de vie des populations qui vivent déjà dans le dénuement, sont certes rendues plus difficultés en raison des coûts élevés des matériaux de construction, mais la pauvreté ne saurait tout expliquer, ni absoudre à bons comptes des comportements qui frisent parfois l ‘inconscience. C’est dire s’il est de la responsabilité des pouvoirs publics de se donner les moyens d’en finir une fois pour toutes avec le phénomène des gens qui s’installe dans les zones inondables, au mépris de la réglementation en vigueur. En la matière, ils doivent se montrer fermes et intraitables, quitter à faire des mécontents aujourd’hui pour sauver des vies demain. De même, l’Etat devrait pouvoir user de son autorité à l’effet de mettre de l’ordre face au phénomène d’occupations anarchiques de l’Espace public, qui prend parfois en otage les canaux d’évacuation des eaux pluviales, constituant un danger pour toute la communauté. Au-delà, il devrait même pouvoir avoir le courage de raser certains quartiers précaires et de les reconstruire suivant des normes d’urbanisation qui offrent les meilleures conditions de vie aux populations. Dans le même temps, le pouvoir devrait prendre des mesures fortes visant à soulager autant que possible les populations qui n’ont pas toujours les moyens de s’offrir un logement décent. Et par ces temps qui courent, l’État devrait se montrer particulièrement regardant sur le cas des déplacés internes qui vivent dans des conditions précaires et vaincre le martyre du fait des terroristes qui les ont obligés à tout abandonner pour sauver leur peau. Il y va de la dignité de ces populations qui n’ont pas choisi ce triste sort, mais aussi de leur santé par ces temps de paludisme et d’épidémie de choléra qui frappe aux portes du pays des Hommes intègres. Il appartient aussi aux populations de changer de mentalité en adoptant les bons comportements par l’usage des poubelles et en évitant de jeter les ordures ménagères dans les caniveaux.

« Le Pays »

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