Certaines officines, dans un rapport commandé à Gao, rapportent : « A la veille du G7 au Royaume-Uni, Emmanuel Macron a annoncé que la France allait opérer une « profonde transformation » de sa présence militaire au Sahel, et la fin du Barkhane. opération. (…) Transformation donc. Mais le terme a trop souvent été supplanté par ceux de « réarticulation », « relocalisation », « désengagement » et même « retrait ». L’amalgame avec le pitoyable « retrait » américain d’Afghanistan ( ‘sta en organisant à la dérobée un itinéraire planifié pudiquement appelé « transformation profonde ») a rapidement soulevé des questions, des raccourcis, voire des accusations d’abandon. Certains partenaires de la France au Sahel l’ont blâmé.
Sans être gaulois, nos ancêtres étaient comme ceux de notre « compagnon historique » et nous nous connaissons aussi dans les subtilités de la langue de Molière.
La transformation ne signifie pas le retrait ; mais il n’en demeure pas moins que c’est le président MACRON qui annonce « la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure et la mise en place d’une alliance internationale impliquant les États de la région ».
Selon SudOuest avec l’AFP, dans une publication du 11 juin 2021 : « Après plus de huit ans d’engagement massif, Emmanuel Macron a annoncé jeudi une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture des bases, et une nouvelle articulation de la lutte anti-jihadiste autour d’une « alliance internationale » impliquant des Européens ».
« Bien sûr, la France n’est pas destinée à rester éternellement au Sahel (…). Il est probable que le dispositif Barkhane devra être adapté », a déclaré pour sa part peu de temps avant le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, en déplacement à Abidjan, sans plus de précisions.
Invité vendredi 18 juin 2021 par RMC et BFMTV, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères est revenu sur l’annonce de la fin imminente de l’opération Barkhane au Mali et au Sahel : « Il y aura moins de militaires français., mais pas plus de militaires européens. . « .
Le message est clair : l’intervention française va désormais connaître une transformation radicale et profonde qui passera par la fermeture des bases militaires françaises. Selon des sources françaises, l’opération Barkhane dispose de plusieurs bases au Mali, dont certaines pourraient être fermées à moyen terme. Selon l’une de ces sources, l’effectif français devrait être d’environ 2 500 d’ici 2023. Paris déploie environ 5 100 soldats contre des djihadistes affiliés au groupe État islamique (EI) et à al-Qaïda.
Concrètement, Paris a abandonné Kidal et Tessalit et ce sera bientôt le cas de Tombouctou.
De même, c’est un secret de polichinelle que c’est Niamey qui est devenue la nouvelle plaque tournante du système militaire français au Sahel. La preuve : les militaires français qui ont eu des problèmes avec la population burkinabè ne se sont pas rendus sur un théâtre d’opérations, mais sont retournés au Niger.
Amplifiant à sa guise le « retrait pitoyable » des Américains d’Afghanistan, notre « partenaire historique » a en fait créé un écran de fumée pour masquer sa défaite au Sahel après une guerre de 8 ans sur les résultats de la famine.
Autant elle n’a pas gagné la guerre contre les terroristes, autant elle n’est pas encore prête à gagner la guerre des terminologies. D’autant plus que les populations sont de plus en plus sceptiques à son égard. Et pour cause, la MINUSMA est son appendice. Parmi les exploits de cette force onusienne, il y a la mise en place d’une zone de sécurité temporaire de 10 kilomètres de large et située entre Anéfis et Almoustarat ; la création d’un périmètre de sécurité de 20 km autour de Kidal, dans les deux cas, pour protéger la Coordination du Mouvement Azawad (CMA) ; la répression d’une manifestation contre la signature d’un « accord pour la création d’une zone de sécurité temporaire » entre la MINUSMA et la CMA qui a fait au moins trois morts et de nombreux blessés.
Pour la population dubitative, la fameuse « Alliance internationale » n’est qu’un appendice de plus qui ne produira plus de résultats dans le cadre de la sécurisation de notre territoire.
Ce n’est donc pas avec des mots qu’il faut soigner les maux.

PAR BERTIN DAKOUO




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