La Banque mondiale a annoncé dans un communiqué le 18 novembre 2021, le lancement d’un programme d’intervention en plusieurs phases de 570 millions de dollars, soit un peu plus de 330 milliards de F CFA, pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Burkina. Faso, Mali, Niger et Togo.

Ce nouveau programme, qui complète et intensifie les actions en cours pour réduire l’insécurité alimentaire et améliorer la résilience des systèmes alimentaires, vise à améliorer la résilience des systèmes alimentaires, promouvoir les chaînes de valeur intra-régionales et renforcer les capacités de gestion régionales.

A travers le Programme de Résilience des Systèmes Alimentaires (FSRP, selon son sigle), sa première phase, dotée d’un budget de 330 millions de dollars, rassemble, outre les quatre pays cités, trois organisations régionales que sont la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Comité permanent interétatique de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) et le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF).

Selon le communiqué de presse de l’Institution mondiale, ces partenaires mettront en œuvre un programme qui augmentera la productivité agricole grâce à des pratiques intelligentes face au climat, favorisera les chaînes de valeur et le commerce intra-régional, et renforcera les capacités régionales de gestion des risques agricoles.

« En investissant sur ces territoires et en ciblant les territoires prioritaires et les filières régionales, le programme applique une approche systémique pour stimuler des cycles de croissance vertueux et mettre fin au schéma classique choc-relance-choc », explique Chakib. Jenane, chef de département au Pôle des pratiques agricoles et alimentaires mondiales de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

En Afrique de l’Ouest, on constate, en effet, que de multiples chocs induits en grande partie par les risques agricoles ont rendu les aliments plus rares et plus chers et aggravé la malnutrition. En 2021, environ 27 millions d’Africains de l’Ouest avaient besoin d’une aide alimentaire immédiate en raison de la sécheresse, de la pauvreté, des prix élevés des céréales, de la dégradation de l’environnement, des déplacements forcés, d’une mauvaise intégration commerciale et des conflits.

Les prévisions inquiétantes de la fréquence accrue des événements météorologiques extrêmes, associées à une productivité agricole qui ne suit pas le rythme de la croissance démographique, signifient que le développement durable à long terme est menacé.

Selon Jean-Claude Kassi Brou, Président de la Commission de la CEDEAO, « il est plus efficace d’assurer la prévention et la gestion des crises alimentaires au niveau régional pour atténuer, diversifier et transférer les risques de production et permettre des économies. échelle. Ce programme promeut une plus grande coopération pour assurer la sécurité alimentaire, aujourd’hui et à l’avenir, au profit des peuples de la CEDEAO ».

Outre la modernisation des systèmes régionaux de prévention et de gestion des crises alimentaires, les pays PDR et les institutions régionales collaboreront pour renforcer la mutualisation des services d’information agricole et hydrométéorologique, afin qu’ils soient plus accessibles et utiles aux décideurs, agriculteurs . , éleveurs et autres acteurs des systèmes alimentaires de la sous-région. Ils travailleront également ensemble pour renforcer la recherche agricole nationale et régionale et le cadre réglementaire de la gouvernance territoriale pour prévenir, limiter et atténuer la dégradation des sols. En outre, le FSRP facilitera le développement du commerce à travers des corridors clés et soutiendra la création de chaînes de valeur stratégiques au sein et entre les pays participants, tels qu’ils sont définis par eux.

« Ce nouveau programme est conçu pour obtenir un impact régional et des progrès plus importants dans la résilience du système alimentaire que ceux qui pourraient provenir de plusieurs investissements nationaux isolés », a déclaré Boutheina Guermazi, directrice de l’intégration régionale pour l’Afrique subsaharienne, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à la World Banque. Ce sera une véritable plateforme régionale pour créer des synergies avec d’autres initiatives à travers l’Afrique de l’Ouest ».

On estime que le FSRP bénéficiera directement à quatre millions de personnes, y compris les agriculteurs (en ciblant les femmes et les jeunes en particulier), les petits producteurs et transformateurs, ainsi que les petites et moyennes exploitations. Le programme vise également à réduire les inégalités de genre dans l’agriculture et à toucher au moins 40 % des femmes.

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