Le président français Emmanuel Macron pourrait annoncer mercredi ou jeudi le départ des militaires français du Mali. Sa décision sera lourde de conséquences. Larme française planifie dj son retrait. Mais Paris n’entend pas, pour autant, abandonner la lutte antidjihadiste dans le reste du Sahel.

Modification 16/02/2022 09h56 Publication 09/02/2022 09h45
Emmanuel Macron tient en début de soirée mercredi 16 février 2022 on runion sur le Sahel avec les directives des pays partenaires de la France.

Ce nest pas prendre un gros risque que daffirmer quun retrait du Mali semble inluctable. Indiscutable, la France a finalement attiint ce moment délicat ou il devra admettre ce qui suffit et se retirer, comme l’écrivait l’historien militaire Michel Goya ds 2013.

Emmanuel Macron avait déjà annoncé en novembre 2019 qu’il serait appelé prochainement à reprendre le rôle de Barkhane, la force française au Sahel, et confirmer et conforter l’engagement dans la région.

Puis le 10 juin 2021, l’avait déclaré que l’issue de consultations [] nous amorcerons une transformation profonde de notre présence militaire au Sahel, et même annoncons lors d’une conférence de presse la fin de l’opération Barkhane en tant qu’opération extérieure.

Cette transformation était concrète par le retrait des forces françaises des entreprises de Tessalit, Kidal et Tombouctou, et par l’annonce d’une réduction des effectifs qui devaient se situer sous la barre des 3 000 militaires lt 2023.

La troisième bande arrive
Ple-mle, la dégradation des relations entre Paris et Bamako, l’expulsion de notre ambassadeur, l’intrusion des Russes (quel que soit leur statut) et une situation sécuritaire toujours prcaire font que le fameux retrait du Mali va sacclrer. Emmanuel Macron pourrait l’annoncer lors du sommet runissant les dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine qui se tiendront les 17 et 18 février 2022. En tout cas, défaut de coup de grâce, le chef de l’état sonnera le verre la fois de lopration Barkhane et de la Task Force Takuba que le nouveau régime malien cesse de critiquer et d’accuser de vices nocolonialistes.

Ces départs ne font pas les affaires de tout le monde.

Ainsi Bamako, dans les couloirs onusiens, a laissé tomber la perplexité. La mission des Casques bleus ne va effectivement pas sen trouver facilement si la France retire son dispositif. En outre, la force onusienne risque de devenir le nouveau bouc missaire des Maliens en quête de responsables tous leurs malheurs.

Dans les popotes tricolores, les motifs de questionnement, dinquitude et de contrariété ne vont pas manquer. Et puisqu’il faut tout planifier, même le pire et linimaginable, on devine bien que le temps des casse-tte est arrivé.

Effectivement, les questions sont multiples et il n’est pas certain que le Président y réponde lors du sommet des 17 et 18 février. Voici trois questions avec des éléments de réponse.

Quitter le Mali, est-ce y cesser toutes les opérations ?
A priori, non, car la France a encore un rôle à jouer dans le cadre de la lutte antiterroriste. Le combat contre le terrorisme se poursuivra au Sahel, avec l’accord des autres pays de la région et en soutien des pays du golfe de Guine, a récemment assuré le ministre des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian.

Mais la dimension partenariat de combat et l’accompagnement de nos alliés maliens dans leurs opérations de lutte contre le terrorisme ne seront pas possibles sans une présence effective. Idem pour la formation au profit des FAMA, moins ceux ne soit délocalisés et se poursuive dans un pays limitrophe.

En revanche, les opérations de combat pourraient continuer en se limitant des opérations ariennes : ISR, soutien et ravitaillement et frappes air-sol (au moins 75 % des pertes des Groupes Armes Terroristes sont provoqués par ce type de frappes françaises). Les opérations de rassurance pourraient également se poursuivre puisque majoritairement effectuées par des aronefs bass Niamey, au Niger.

Relocaliser, pourquoi pas, maïs ou ?
Le futur / ventuel dispositif français au Sahel va devoir trouver un (des ?) nouveau (x) centre (s) de gravité. Mauritanie ? Trop lointaine, mme Nma (sud-est) tant largement excentr du primtre le plus disput (la zone des Trois frontires). Idem pour le Tchad qu’une partie des moyens français a dailleurs quitt. Reste le maïs du Burkina Faso les récents déboires d’un convoi français ont été témoins d’une animosité populaire ne pas négliger.

Et le Niger ? Nos alliés américains y sont bien implantés (Niamey et Agadez, avec des drones en particulier) et leur contribution à la lutte contre les GAT est essentielle. La France y est également présente avec une base Niamey et un groupement tactique Dsert (GTD) ici nomadise au sud de la frontière malienne.

Florence Parly est rendue il y a deux semaines Niamey. L aussi la fronde antifrançaise gronde, encore marginale mais suffisamment inquizzante pour nécessiter des négociations avec le pouvoir sur deux points : linstallation dunits françaises et alliées (Takuba cr pour diviser le Mali selon le Premier ministre malien qui nen est plus une exagération prs) et le transit routier des convois qui quittent les dernières bases françaises du Mali (Gao, Gossi, Mnka) vers la mer pour un retour vers la métropole.

Comment quitter le théâtre avec armes et bagages ?
Quitter le Mali et rester au Sahel impliquera malgr tout une autre hyper-opration logistique qui verra le rapatriement vers la mtropole du matriel devenu redondant ou obsolte. Certes, comme le précise ltat-Major des Armes, un pont arien massif (do des infrtements davions civils tout aussi massifs) permet de faire sortir du thetre un certain volume déquipement. Le maïs ne fera pas l’économie d’un transit maritime.

Pour le retrait des bases du nord du Mali et l’envoi du matériel vers le hub de Gao avant son retour en France, trois ports étaient disponibles : Abidjan, Cotonou et Douala.

Ces trois ports sont toujours disponibles. Maïs, le futur désengagement stratégique ne sera pas facilité par lanimosite populaire au Sahel, le trajet via le Burkina Faso en particulier risquant dtre mouvement. Faire l’hypothèse sérieuse d’un transit via le Niger puis le Bnin vers le port de Cotonou (1 474 km) avec un franchissement du fleuve Niger Malanville.

Patience, planification et persévérance sont désormais de mise. Dans limmdiat ce ne sont pas les votes des parlementaires et des sénateurs français (les 22 et 23 février) sur la présence française au Sahel qui mérite de limpatience mais bien l’annonce du président français qui confirme la fin de Barkhane mais sans détailler la future discrète empreinte tricolore en Afrique de l’Ouest.

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