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La lutte contre le trafic routier au BURKINA FASO : une autre opération de santé publique dans la période de transition

Education nationale le complexe scolaire de Wend Raabo un au 16 juillet 2024

Le phénomène a la peau dure, mais le gouvernement de transition semble décidé à agir. Il s’agit des problèmes de circulation routière au Burkina Faso. C’est en tout cas ce qui ressort du communiqué de presse conjoint signé par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité et son homologue en charge des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière, qui annoncent que des contrôles réguliers seront effectués pour traquer les agents indélicats et les usagers de la route qui s’adonnent à ces pratiques illégales et les traduire en justice. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce coup de sang des deux ministres est le bienvenu, car il constitue une véritable opération de santé publique. Il est bien connu que le harcèlement de rue a un impact négatif sur l’économie du pays, entravant les activités commerciales. Pire encore, il est à l’origine de la hausse des prix des produits commerciaux dans un contexte mondial déjà caractérisé par la flambée des prix des denrées alimentaires de toutes sortes en raison de la guerre en Ukraine. Elles sont également à l’origine de l’appauvrissement de la population, qui non seulement enrichit des agents malhonnêtes par le biais de la corruption, mais est également exposée à l’insécurité alimentaire. Enfin, les problèmes routiers nuisent à l’image du pays, qui peine à être à la hauteur de l’image d’intégrité du peuple burkinabé, comme le nom du pays l’indique. En tout état de cause, on ne peut qu’applaudir les autorités de transition qui, après avoir sensibilisé et mis en garde, ont décidé d’utiliser l’arme des sanctions. Cependant, on peut se demander si la réduction des contrôles sur les différents axes routiers du Burkina Faso n’entraîne pas d’autres fléaux comme la fraude et la contrebande. Et l’on sait que ces fléaux sont liés au terrorisme dont ils constituent l’une des sources de financement. Dans le contexte sécuritaire actuel du Burkina Faso, où la porosité des frontières est déjà exploitée à tous les niveaux par des bandes armées, il y a lieu de s’inquiéter. Il est également à craindre que l’abaissement du niveau de vigilance que le communiqué des deux ministres pourrait provoquer chez les agents chargés de la surveillance des routes commerciales ne favorise le manque de civisme sur les routes, qui est à l’origine de nombreux accidents et dégradations. Mais nous pouvons être sûrs que les autorités ont pris toutes les mesures nécessaires pour que le remède ne fasse pas plus de dégâts que le mal qu’il tente de guérir. Cela dit, en plus de continuer à réprimer les voyous, le gouvernement devrait s’attaquer à la racine du problème, à savoir que de nombreux usagers de la route n’ont pas les documents administratifs nécessaires à présenter aux forces de sécurité intérieure. Le racket sur la route se nourrit de ces irrégularités administratives, et ceux qui jouent avec les règles doivent également être sévèrement découragés.

Sidzabda

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