Le dimanche de ce 23 décembre 2022 n’aura été pour les Burkinabè que de sentiments mitigés : inquiétudes et interrogations d’une part dues au crépitement d’armes au petit matin de ce dimanche dans diverses casernes du pays pour des raisons non encore connues officiellement, Des scènes de joie et de liesse populaire ont plutôt lieu dans l’après-midi pour célébrer la qualification de l’équipe nationale pour les quarts de finale de la 21e Coupe d’Afrique des Nations en cours au Cameroun. Si ces derniers temps l’actualité au pays des honnêtes gens a été largement dominée par l’actualité sociopolitique et sécuritaire, la victoire des Etalons hier au second tour contre les panthères du Gabon a redonné un coup de fouet au cœur meurtri des Burkinabè qui n’ont pas boudé leur plaisir, laissant éclater leur joie dès le coup de sifflet final. Les Etalons ont fait preuve d’un sang-froid extraordinaire tout au long de la série de tirs au but qui leur a permis de forcer les portes du tour suivant, malgré le jeu pétillant et vif des adversaires du jour, les Panthères du Gabon. Les Burkinabè ont donc remporté ces huitièmes de finale au terme d’un match haletant, chargé, disputé et plein de rebondissements, dans un stade Limbé plein de trois quarts. Cette élimination directe est donc synonyme de fin de match pour les Gabonais qui avaient réussi à s’extirper dans un groupe C assez difficile, sans subir la moindre défaite au premier tour. L’équipe entraînée par Patrick Neveu a même dominé de façon choquante les Etalons, recroquevillés sur le seul but inscrit en première période de la partie. A un quart d’heure de la fin de la seconde mi-temps, après le débordement et le centre de Kanga, Denis Bouanga lance le ballon et redonne espoir à son équipe malgré le superbe arrêt d’Hervé Koffi. A partir de ce moment le jeu devient sauvage, les attaques s’enchaînent des deux côtés, les gardiens réalisent des arrêts décisifs. Les Panthères ne s’avoueront pas vaincues et il ne faudra pas longtemps à leur élancé attaquant, Ecuele Manga, pour planter un pion dans la cage du gardien burkinabè après une course effrénée depuis le centre et une lourde frappe du pied droit. La messe avait déjà été dite, pensait-on du côté burkinabé, avec le but audacieux du capitaine des Etalons et membre du club anglais d’Aston Villa, qui a attrapé un rhume de la part de l’athlétique gardien gabonais, Jean Noël Amonome.

Cette déchirure et même la victoire à la Pyrrhus laisseront probablement des traces

Cette première banderille plantée par Bertrand Traoré après avoir reçu un changement de modèle délivré d’un geste somptueux par Dango Ouattara à la 28′, a précédé une masterclass au cours de laquelle le capitaine burkinabé lui-même a offert d’un coup de génie, une opportunité d’or pour son complice dans l’attaque. , qui s’est malheureusement montré maladroit sur place. Un second but, en effet, aurait pu sonner le glas des félins de la forêt équatoriale et saper leur ardeur offensive, après le superbe but qui leur a été refusé, à tort ou à raison, pour un poste d’attaquant par un souffle de leur attaquant virevoltant. Boupendza, à la 42e minute de la première période. A la reprise, les jaunes-bleus repartent aussitôt, avec trois remplacements effectués coup sur coup par le technicien technique pour mettre plus de pression sur la défense burkinabè pour renouer avec le score. Ils étaient dans cette dynamique quand, à la 67e minute, leur défenseur central Sidney Obissa a été sanctionné d’un cracker rougeâtre, après avoir été averti du deuxième carton jaune suite à la faute commise sur Dango Ouattara à la 17′, et qu’il a offert au Burkina. le mauvais penalty de son avant-centre et chef d’orchestre. Mais cette infériorité numérique ne profitera pas d’emblée à leurs homologues, bien au contraire, car les Gabonais vont se payer le luxe de créer un scénario incroyable en revenant au score dans les premières secondes de reprise, grâce à Bruno Ecuele Manga, qui a envoyé le ballon avec une magnifique frappe de la tête, dans la lucarne gauche du gardien burkinabé. C’est avec ce but d’un but partout que l’arbitre central clôt le match, ne pouvant départager les prolongations entre les deux équipes. Les tirs au but mémorables qui ont suivi ont été fatals aux Gabonais très courageux et combatifs, qui se sont finalement révélés moins habiles que les adversaires du jour, qui l’ont emporté par 7 buts contre 6. Cette victoire à l’arraché et aussi à Pyrrhus, laissera sans doute des traces sur le plan physique, mais malgré tout fait du Burkina Faso, peut-être pas un candidat crédible au titre, mais une équipe avec qui il devra compter pour la suite du tournoi. Mais pour passer à l’étape suivante, les joueurs et le staff technique devront travailler sur plus de concentration en défense et de précision en attaque, pour éviter de se faire peur et de stresser davantage leurs compatriotes, comme cela s’est produit hier sur cette pelouse du stade. Limbé en ruine, alors que ces derniers ont déjà des soucis sans fin, du fait de la situation sécuritaire particulièrement préjudiciable de leur pays.

Hamadou GADIAGA

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