A appel d’une poignée d’organisations se réclamant de la société civile, une foule compacte s’est massée dans le centre-ville de Ouagadougou, samedi dernier, pour clamer son soutien indéfectible au Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR ), ici à mis un coup d’arrêt au pouvoir du premier président civil démocratiquement élu du Burkina Faso, le 24 janvier de cette année. Les manifestants qui disaient être sortis comme de simples citoyens descendus ordinairement dans la rue, brandissaient des drapeaux burkinabè et russe, et appelaient à une coopération militaire avec Moscou tout en conspuant la présence militaire française qu’ils trouvaient à la fois inefficace des Hommes intègres. Certains d’entre eux arboraient des tee-shirts à l’effigie sereine du président du MPSR et du Faso, comme pour mettre en exergue l’image d’un chef de l’Etat sûr de lui et des solutions qu’il préconise pour sortir le Burkina Faso du bourbier dans lequel il s’est empêtré depuis plusieurs années. Le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba qui a été investi comme président du Faso en sauvant seulement les apparences de la Constitution, a peut-être considéré cette manifestation empreinte de bonhomie comme un soutien sans faille, et a pu possiblement pousser un petit soupir de réduction, surtout s’il pense que les organisations régionales et sous-régionales qui ont sanctionné le Burkina en rétorsion au putsch du 24 janvier, en Prendront acte. Le président Damiba qui espère que l’histoire écrira un jour son nom en tête d’un chapitre, ne doit toutefois pas se méprendre sur les objectifs inavoués de certains organisateurs de ce genre de manifs, surtout si ces derniers sont, de notoriété publique, dépourvus de principes moraux.

Le risque est grand de voir s’ouvrir la boite de pandore

Dans le contexte et le tournant historique décisif qui sont les nôtres, on n’a pas besoin, en effet, d’être un expert en science politique pour savoir que des opportunistes particulièrement féconds en matière d’initiatives et de stratagèmes, faire feu de tout bois pour faire croire à opinion qu’ils manifestent ou se battent uniquement pour qu’il y ait la sécurité, le lait et le miel pour tous, en surfant sur un éventuel déluge si l’on ne fait pas bloc autour des puissants du moment. Ils ont beau claironner que cette manifestation n’était pas « a meeting politique », il faut manquer de jugerote comme un Bwaba de Béréba pour ne pas savoir qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une simple offre de service politique de la part de certains d’entre eux qui ont toujours privilégié les commodités des alignements sectaires et conjoncturels, pour leurs intérêts personnels. C’est justement pour cela que le président Damiba qui se présente comme un serviteur de l’État au sens de l’intérêt général, doit se méfier autant de la classe politique K.-O. ou ramollie depuis l’avènement du MPSR, que des courtisans potiches s’il ne veut pas que le combat pour lequel il dit s’être engagé, soit dévoyé. Il doit tirer en effet leçon des mésaventures de ses prédécesseurs Blaise Compaoré et Roch Marc Christian Kaboré qui ont vu leurs régimes s’effondrer comme un château de cartes en 48 heures chrono, dans l’indifférence totale de ceux qui clamaient haut et fort qu’ils seraient les derniers Mohicans à leurs côtés, alors qu’ils étaient plutôt les premiers à leur savonner la planche. Tant qu’il n’en a pas fini de chasser les derniers terroristes de notre territoire national, le président Damiba n’a vraiment pas besoin de flonflons cocardiers ou des  » youyous  » laudatifs, surtout pas au moment où le pays enregistré quotidiennement des fuites spontanées de populations effrayées par l’inexorable avancée des hordes ennemies. Les marches et meetings dans ce Burkina Faso redevenu démocratique depuis la remise en selle de la Constitution par les putschistes, sont certes autorisés, mais attention à ne pas faire preuve d’une trop grande mansuétude à l’égard de leurs organisateurs, même si ces Les derniers se présentent comme des fantasmes sur lesquels le président peut compter pour asseoir son autorité et gérer son « naam » le plus tranquillement du monde. Car, le risque est grand de voir s’ouvrir la boîte de pandore, avec la multiplication de manifestations hostiles contre nécessitant que le président et son MPSR ne puissent pas, sans se brûler les ailes, sortir le bâton ou la kalachnikov. Et pour éviter justement le retour possible de flammes, il doit sinon condamner, du moins se cacher, comme a fait son homologue de la Guinée-Conakry, de tous ces groupes qui prétendent ne lui vouloir que du bien, alors qu’ils font de la sublimation de son image, leur gagne-pain. Norbert Zongo, paix à son âme et à ses cendres, avait dit que les dirigeants finissent par devenir des dictateurs en se compromettant avec des opportunistes qui leur disent à longueur de journée, qu’ils peuvent tout se permre, en leur promettant aide et assistance quoi qu’il arrive. Espérons que Paul Henri Sandaogo Damiba qui dit être venu au pouvoir pour faire et non pour être, n’est pas de cette mauvaise trempe de dirigeants, et qu’il fera au pas tous ces « gnafou-gnafous » qui voudraient se jouer de sa lucidité et de son esprit de discernement pour se faire une place au soleil.

Hamadou GADIAGA

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