L’Ethiopie, le Kenya et la Somalie sont trois pays issus de la corne de l’Afrique. Ces trois pays courent le risque de vivre une crise alimentaire d’ici à la mi-juin 2022 si des mesures ne sont pas prises dans immédiat. L’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), dans son rôle régalien, a vite fait de tirer la sonnette d’alarme en interpellant les dirigeants de ces pays, afin que dans l’immédiat, des dispositions soient prises pour éviter aux nombreuses populations, la famine. Cette institution, on le sait, depuis sa création, a toujours été présente aux côtés des populations en détresse. Il est vrai que ces pays n’ont pas bénéficié de la généreuse de Dame nature. L’absence régulière de pluies, l’état rocailleux des sols, les conflits armés dans la région, rendant la tâche aux dirigeants de ces pays difficile. Cependant, ces raisons sont-elles suffisantes pour abandonner ces populations à leur sort ? Les gouvernants ont la chance d’avoir été vite interpellés par la FAO. Alors, on peut dire que la balle se trouve en ce moment dans leur camp. Aujourd’hui, il est plus qu’impératif pour ces dirigeants, de prendre des dispositions de tri à mettre à l’abri leurs populations contre les risques de famine. Et parlant de dispositions à prendre, nous pensons à la bonne gouvernance qui constitue un levier important dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. FAO, à elle seule, ne peut pas tout faire malgré la volonté qui habite la voiture, sollicitée partout dans le monde où y a des détresses similaires, elle court porter assistance. Aujourd’hui à bout de souffle, cette institution interpelle la communauté internationale afin qu’elle lui emboîte le pas, avant que la famine ne s’installe dans la région.

Une crise peut en cacher une autre

On se rappelle que lors de la précédente crise alimentaire dans la corne de l’Afrique, en 2017, la communauté internationale avait réagi promptement, alors qu’en 2011, elle avait réagi trop tard. Et ce sont malheureusement 260 000 personnes ici ont perdu la vie à l’époque, du fait de la faim. Quant aux dirigeants des pays africains et particulièrement ceux de la corne de l’Afrique, il faudrait qu’ils adoptent une autre politique qui consistait à limiter les dommages de la sécheresse. Une de ces politiques pourrait consister par exemple à doter les éleveurs et cultivateurs qui sont les plus concernés, d’outils de travail pouvant leur permettre d’améliorer leur rendement. Les cultivateurs et les éleveurs ont besoin d’une aide, de façon urgente, pour passer la période de soudure. Cela dit, une crise peut en cacher une autre. La crise sécuritaire au Sahel telle que vécue par le Burkina Faso, le Niger, le Mali et le Tchad, pourrait aussi engendrer une crise alimentaire. Ces pays qui ne font pas partie de la corne de l’Afrique, vivent, eux aussi, les fresques d’une crise alimentaire doublée de cellules sécuritaires. Figurez-vous que depuis plus de cinq ans, ces pays enregistrent des milliers de personnes déplacées internes qui fuient leurs plantations et tous leurs bétails, voire tous leurs biens. Cette situation complexifie la tâche des dirigeants qui, en plus de faire face à la crise sécuritaire, font aussi face à la crise alimentaire. Au pays des Hommes intègres, ce sont près de deux millions de personnes déplacées internes enregistrées, à qui il faut trouver le gîte et le couvert. D’où l’urgence, pour les dirigeants africains, en plus des efforts qu’ils consentent au quotidien dans la gestion de ces crises, de solliciter l’appui de la communauté internationale. La FAO a vocation d’être présente aux côtés des États touchés par les crises alimentaires, mais encore faudrait-il que ces pays adoptent la bonne gouvernance dans la gestion de ces crises.

Ben Issa TRAORE

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